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Les dessins animés sont en fait plus violents que les films pour adultes

Bambi, jeune héros de Walt Disney profite de l'affection de sa mère avant que celle-ci ne soit froidement abattue par un chasseur.

Bambi, jeune héros de Walt Disney profite de l'affection de sa mère avant que celle-ci ne soit froidement abattue par un chasseur. - Wikimedia - CC

Ne vous fiez pas aux apparences. Les dessins animés pour enfants sont plus violents que les films pour adultes, et leurs personnages principaux risquent de se faire tuer beaucoup plus souvent, souligne une étude publiée mardi.

Pour savoir que donner à voir à ces enfants, les parents peuvent s'appuyer la classification délivrée par le Centre national du cinéma et de l'image animé. Mais aussi utile qu'elle soit, cette indication ne dit pas tout. Une étude montre que loin d'être aussi anodins que les parents le croient, les dessins animés pour enfants sont plus violents que les films pour adultes, et leurs personnages principaux risquent près de trois fois plus de se faire tuer.

"Un foyer de meurtre et de désordre"

Les personnages principaux des dessins animés ont 2,5 fois plus de chance de mourir que les protagonistes des films pour adultes, et presque trois fois plus de chance d'être tués, détaille l'étude publiée mardi dans le British Medical Journal.

La mort d'un personnage important intervient dans deux tiers des dessins animés pour enfants, alors que cela arrive dans la moitié des films destinés à un public plus âgé. "Au lieu d'être des alternatives inoffensives et plus douces aux films d'horreur et aux drames, les dessins animés pour enfants sont, en fait, un foyer de meurtre et de désordre", constatent les chercheurs Ian Colman et James Kirkbride.

Ils ont passé en revue les dessins animés à succès, de Blanche Neige et les sept nains en 1937 à La Reine des neiges en 2013. Ils ont ensuite comparé les morts des personnages principaux dans ces films avec le contenu des films pour adultes qui ont conquis le haut du box-office la même année, en excluant les films d'action ou d'aventure conçus pour plaire aux enfants. De même, les films mettant en scène des voitures et des jouets n'ont pas été pris en compte dans la recherche, faute de pouvoir déterminer si le concept de mort peut leur être appliqué.

Morts par balle, par une arme blanche, dévoré par un animal…

Résultat: les chercheurs ont remarqué que les parents des personnages principaux étaient cinq fois plus susceptibles de mourir dans les dessins animés. L'éventail des décès marquants est large: morts par balles dans Bambi, Pocahontas et Peter Pan, à l'arme blanche dans La Petite sirène et La Belle au bois dormant, résultant d'attaques d'animaux dans Le Monde de Nemo et Tarzan...

Dans le magazine Gamour US, Don Hahn, producteur notamment du Roi Lion et de La belle et la bête, et producteur exécutif de Maléfique avance deux raisons au fait que dans une grande majorité des cas, les héros de Disney sont ou deviennent orphelins. La première, très triviale est qu'il "est plus rapide de faire grandir les personnages quand vous vous débarrassez de leurs parents". La seconde tient à l'histoire de Walt Disney lui-même. Après avoir, le succès arrivant, réalisé son "rêve de gosse d'acheter une maison à ses parents", explique le producteur, Walt a dû faire face au drame de voir, à cause d'une fuite de gaz survenue dans cette habitation, sa mère mourir et son père être hospitalisé. "C'est une théorie, je ne suis pas psychologue, mais je sais qu'il a été hanté par cela".

L'étude n'a pas démontré en revanche si le niveau de violence avait augmenté depuis la sortie en 1937 de "Blanche Neige", où la méchante reine trépasse en tombant d'une falaise après avoir été poursuivie par des nains furieux.

David Namias avec AFP