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Le mythique cinéma Louxor rouvre ses portes à Paris

Le cinéma Le Louxor rouvre ses portes jeudi après deux ans et demi de travaux

Le cinéma Le Louxor rouvre ses portes jeudi après deux ans et demi de travaux - -

À l'abandon depuis 1987, le cinéma le Louxor rouvre ses portes jeudi dans le quartier populaire de Barbès à Paris.

Élément du patrimoine culturel et architectural de la capitale, l'emblématique cinéma le Louxor, dont le bâtiment était à l'abandon depuis 1987, rouvre ses portes jeudi. Deux ans et demi de travaux ont été nécessaires pour restituer les décors égypto-art déco d'origine.

Réalisé en 1920-1921 par l'architecte Henri Zipcy et le céramiste Amédée Tiberti pour le groupe Lutetia-Wagram, le Louxor, situé dans le quartier populaire de Barbès, a été exploité comme cinéma jusqu'en 1983, avant de devenir une boîte de nuit (la Dérobade puis le Megatown), et d'être désaffecté en 1987.

Seul cinéma dont les murs appartiennent à Paris

La ville a décidé en 2003 de racheter les murs et de lui redonner sa vocation première de cinéma, en finançant l'intégralité des travaux. 25 millions d'euros ont été investis, permettant à la fois de retrouver l'esprit du bâtiment d'origine, et de le mettre au meilleur niveau en termes d'isolation phonique et thermique. Le cinéma est ainsi chauffé et refroidi grâce à la géothermie.

Les façades ont été intégralement restaurées dans leur état de 1921, avec restitution des mosaïques, vitraux et grands mâts égyptiens disparus. La grande salle de cinéma a été réhabilitée avec ses trois niveaux - l'orchestre, le balcon et le poulailler -, et ses décors recréés: faux marbres peints, masques de pharaon en relief, frise néo-grecque ou encore hiéroglyphes.

Le Louxor est le seul cinéma parisien dont les murs appartiennent à la Ville: "C'était la seule manière de permettre la réhabilitation du Louxor. Il était très peu probable que quelque industriel que ce soit puisse réaliser des travaux d'une telle qualité, avec une telle exigence architecturale", souligne le maire adjoint en charge de la Culture, Bruno Julliard.

Une aubaine pour le quartier

La réhabilitation du Louxor s'inscrit ainsi dans la politique volontariste de la mairie de Paris en direction du cinéma d'art et essai (qu'elle soutient à hauteur de 1,2 million d'euros par an), avec un souci de rééquilibrage au profit du nord-est parisien. Au nombre de 90 dans les années 1950, les cinémas se comptent aujourd'hui sur les doigts des deux mains dans les IXe, Xe et XVIIIe arrondissements.

La réouverture du cinéma, très attendue par les habitants et les commerçants, joue aussi "un rôle déterminant dans la requalification urbaine du quartier, avec un effet d'entraînement au-delà des murs du Louxor", souligne Bruno Julliard. Ainsi le magasin de textile Vano, situé face au Louxor et victime d'un incendie il y a deux ans, laissera-t-il la place d'ici quelques mois à une brasserie branchée.