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"Le cinéma n’appartient pas à Scorsese": les réalisateurs d'Avengers Endgame se défendent

Détail de l'affiche d'Avengers Endgame

Détail de l'affiche d'Avengers Endgame - Disney - Marvel

Anthony et Joe Russo, les réalisateurs de quatre blockbusters Marvel dont Avengers Endgame, répondent aux critiques de Martin Scorsese.

Depuis que Martin Scorsese a partagé son point de vue assez virulent sur les productions Marvel, la fine fleur du studio, de Samuel L. Jackson à Chadwick Boseman, en passant par Mark Ruffalo, a pris la peine de répondre au grand maître. C'est désormais au tour d'Anthony et Joe Russo, les réalisateurs de quatre blockbusters Marvel dont Avengers Endgame.

"En fin de compte, nous définissons le cinéma comme une œuvre capable de réunir les gens autour d'une expérience émotionnelle partagée", a déclaré Joe Russo au Hollywood Reporter, avant de reprendre sur un ton plus badin: "Mais, en définitive, qu'est-ce qu'on en sait? Nous sommes seulement deux gars de Cleveland, Ohio, et 'cinéma' est un mot de New York. A Cleveland, on les appelle juste des films."

Et son frère Anthony d'ajouter: "L'autre chose importante à mentionner, aussi, est que personne ne possède le cinéma. Le cinéma ne nous appartient pas. Le cinéma ne vous appartient pas. Le cinéma n’appartient pas à Scorsese."

"Ce n'est pas du cinéma"

Le réalisateur américain a suscité début octobre un début de polémique à Hollywood en déclarant que les films de super-héros comme ceux produits par les studios Marvel n'étaient à son sens "pas du cinéma" et s'apparentaient davantage à un "parc d'attractions".

"Je ne les regarde pas. J'ai essayé vous savez? Mais ce n'est pas du cinéma", a lancé le réalisateur, âgé de 76 ans, au magazine britannique Empire qui lui demandait s'il avait déjà vu des films de l'univers Marvel.

Pour le réalisateur oscarisé, ces films sont le résultat "d'analyses de marché et de tests auprès du public: ils sont approuvés, puis modifiés, puis une nouvelle fois approuvés puis une nouvelle fois modifiés jusqu'à ce qu'ils soient prêts pour la consommation [...] Ces films se présentent comme des suites, mais il s'agit en réalité de remakes", avait-il analysé dans le New York Times.

L'omniprésence de ces films en salles aboutit, déplore-t-il également dans le quotidien, à la disparition progressive des cinémas indépendants: "l'équation a changé et le streaming est devenu le principal système [pour visionner des films]. Pourtant, je ne connais aucun réalisateur qui ne conçoit pas son film pour le grand écran, pour qu'il soit projeté à un public dans une salle."

Jérôme Lachasse