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L'Opéra: trois moments à retenir de cette plongée de l'autre côté du miroir

Le documentaire "L'Opéra" de Jean-Stéphane Bron,  est en salles mercredi 5 avril.

Le documentaire "L'Opéra" de Jean-Stéphane Bron, est en salles mercredi 5 avril. - Les films du Losange

L'Opéra, de Jean-Stéphane Bron, en salles mercredi, dévoile un peu des coulisses de la grande maison, avec beaucoup d'humanité et d'humour.

Tout n'y est qu'excellence et perfection. A Bastille ou Garnier, quand on assiste à un ballet ou un opéra dans le siège du spectateur, on ne voit qu'une infime partie de l'histoire. On ignore tout de ce qui s'est joué les semaines et les mois qui ont précédé le jour J. Le documentaire L'Opéra, de Jean-Stéphane Bron, lève un petit coin de voile sur ce qui se passe en amont, lors des répétitions, mais aussi dans le bureau du directeur de l'institution, Stéphane Lissner.

On y découvre l'incroyable somme de travail nécessaire à monter un spectacle, bien sûr. Mais aussi tous les gravillons qui se glissent et peuvent entraver le processus. Mésentente, grève, coups de gueule, problèmes techniques, maladie, désistement...

Et puis il y a aussi tous ceux qui travaillent pour l'Opéra, ces 1.600 personnes dans l'ombre ou la lumière. Les musiciens, les danseurs, le chef d'orchestre. Et ceux qui, petites mains ou non, sont aussi invisibles qu'indispensables. La technicienne, casque sur les oreilles, qui décompte les secondes avant l'entrée dans la fosse du chef d'orchestre, celle qui tend un mouchoir à la chanteuse, en nage au sortir de scène. La costumière qui s'inquiète de la sudation d'une cantatrice. Les femmes de ménage. Alors que le documentaire sort en salles ce mercredi, voici trois moments intenses, cocasses ou émouvants qui vous feront changer de regard sur l'Opéra.

> Un taureau sur scène

C'est l'un des moments les plus drôles du documentaire. Pour les besoins de Moses und Aron, d'Arnold Schönberg, joué fin 2015 à l'Opéra Bastille, un taureau devait se trouver sur scène. Un véritable casse-tête, mais aussi un moment assez jubilatoire, où l'on découvre le casting des taureaux. Puis la préparation de l'heureux élu. On lui fait écouter de la musique chaque jour, pour qu'il ne soit pas effrayé sur la scène au milieu des chanteurs et de l'orchestre. Un salarié de l'Opéra lui explique avec humour les conditions de travail.

L'intervention de l'animal n'est certes qu'anecdotique dans la mise en scène, mais elle donne des sueurs froides au directeur technique. Il raconte ainsi à l'équipe un rêve qu'il a fait, où un spectateur dans la salle agite un chiffon rouge pour énerver l'énorme bête d'une tonne et demi.

Le taureau choisi pour jouer les figurants dans "Moses und Aron", à l'Opéra Bastille.
Le taureau choisi pour jouer les figurants dans "Moses und Aron", à l'Opéra Bastille. © Les films du Losange

> La souffrance de la ballerine

La danse n'est pas au coeur de ce documentaire, comme elle l'était dans Relève, de Thierry Demaizière et Alban Teurlai. Benjamin Millepied y tenait le rôle central. Ici, il n'est ici qu'un personnage parmi d'autres, que l'on devine à travers des conversations téléphoniques un peu tendues avec le directeur de l'Opéra, plus qu'on ne le voit.

Si le lyrique a la part belle dans L'Opéra, l'une des plus belles séquences du documentaire est une scène de danse, avec une ballerine. Aérienne sur la scène, elle s'effondre, totalement à bout de souffle, dès qu'elle a rejoint les coulisses. Et reste de longues minutes à terre, pour tenter de récupérer.

> Le bureau du directeur

Le directeur de la maison, Stéphane Lissner, a joué le jeu, même si au début, il était très réticent. "Il trouvait que ce n'était pas le bon moment, il n'avait pas envie de se sentir observé durant cette première année d'exercice qu'il savait pleine d'enjeux et de risques", raconte Jean-Stéphane Bron dans le dossier de presse.

On découvre dans L'Opéra toute la complexité de l'emploi, en suivant Stéphane Lissner dans son quotidien pendant toute une année. Gestion des grèves, relations avec la presse, départ de Benjamin Millepied, fixation du prix des places... Les moments légers succèdent aux moments graves, comme cette minute de silence observée sur la scène de l'Opéra Bastille après les attentats du 13-Novembre.

Stéphane Lissner, directeur de l'Opéra de Paris.
Stéphane Lissner, directeur de l'Opéra de Paris. © Les films du Losange
Magali Rangin