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Isao Takahata, réalisateur du Tombeau des lucioles, est mort

Isao Takahata en février 2015 à Los Angeles

Isao Takahata en février 2015 à Los Angeles - Jeff Vespa - Getty Images - AFP

Le réalisateur japonais de films d'animation, et co-fondateur du studio Ghibli, qui avait 82 ans, est mort dans un hôpital à Tokyo des suites d'un cancer du poumon. Il s'était fait un nom en 1988 avec Le tombeau des lucioles.

Isao Takahata, cofondateur du studio d'animation Ghibli et réalisateur connu pour Le tombeau des lucioles, est mort à l'âge de 82 ans.

"C'est vrai, mais nous ne pouvons faire plus de commentaires car nous sommes en train de demander certaines précisions à ce sujet", a déclaré une porte-parole du Studio Ghibli, après que les médias japonais ont rapporté le décès du célèbre réalisateur.

La chaîne de télévision publique NHK, qui cite des sources proches du réalisateur sans les nommer, avait rapporté plus tôt qu'il s'était éteint dans un hôpital de Tokyo. 

Dans un communiqué publié plus tard, le studio a précisé que le cinéaste était mort dans les premières heures de la journée de jeudi des suites d'un cancer du poumon. 

Un réalisateur engagé

Né en 1935, Isao Takahata a débuté sa carrière aux studios d'animation Toei en 1959. C'est là qu'il a rencontré Hayao Miyazaki, avec lequel il a pendant longtemps collaboré étroitement, notamment pour des séries diffusées à la télévision.

Réalisateur engagé, passionné de littérature française et notamment de Jacques Prévert, Isao Takahata avait créé en 1985 le studio japonais d'animation Ghibli avec Miyazaki, son cadet, complice et parfois aussi rival.

Il s'est d'abord fait un nom avec Le tombeau des lucioles (1988), histoire à pleurer de deux orphelins durant la guerre et oeuvre que beaucoup considèrent comme son plus grand film. Puis ont suivi Pompoko (1994), Cristal du meilleur long métrage au festival d'Annecy il y a deux décennies, et Mes voisins les Yamada (1999).

Emotion et infinie poésie

Plus récemment, il avait mis en images Le Conte de la Princesse Kaguya, une redécouverte de ce classique du répertoire nippon qui lui a valu une nomination en 2015 dans la catégorie du meilleur film d'animation aux Oscars. Il avait annoncé que ce serait là son ultime réalisation.

Sorti au Japon en novembre 2013, ce film est l'adaptation d'un conte populaire datant du Xe siècle, considéré comme l'un des textes fondateurs de la littérature japonaise. Empreint d'une infinie poésie, l'oeuvre tisse son intrigue et déroule les émotions de ses personnages, dessinés au fusain, dans un décor aux tons pastels qui évoque l'aquarelle.

Il avait été projeté en ouverture du Festival international du film d'animation d'Annecy de 2014. La 36e édition de ce festival considéré par les professionnels comme l'épicentre mondial du cinéma d'animation avait rendu un hommage appuyé au réalisateur japonais, lui décernant un Cristal d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres

En 2015, Isao Takahata avait été élevé, à Tokyo, au grade d'officier de l'Ordre des Arts et des Lettres, une reconnaissance d'un travail artistique hautement apprécié en France.

"La France est le pays où j'ai le plus voyagé et je suis des plus heureux d'être décoré par la nation dont je me sens le plus proche", s'était-il réjoui dans son discours d'acceptation.
Nawal Bonnefoy avec AFP