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Déconfinement: le drive-in fait grincer des dents la Fédération des cinémas

L'affiche du Drive-In Festival de Bordeaux

L'affiche du Drive-In Festival de Bordeaux - Capture d'écran

La Fédération des cinémas pour qui la priorité après le confinement est "la réouverture des salles" voit d'un mauvais œil le festival Drive-In qui démarre à Bordeaux.

Un festival itinérant qui débute samedi à Bordeaux, où le public regarde le film de sa voiture, fait grincer des dents la Fédération des cinémas pour qui la priorité après le confinement est "la réouverture des salles".

"La FNCF regrette profondément les dégâts médiatiques et économiques que provoqueront ces manifestations qui détournent les spectateurs, les médias, l'administration locale et nationale du seul combat à mener: la réouverture des salles", a-t-elle jugé dans un communiqué qui vise à la fois les drive-in et les projections de films en extérieur classiques.

Le festival s'arrêtera dès la réouverture des salles

Alors que les salles sont toujours fermées à cause de l'épidémie de Covid-19, le festival Drive-in démarre samedi à Bordeaux pour 10 jours avant d'aller à Marseille et dans les Hauts-de-France. Le programme est varié avec l'Oscarisé Parasite, la comédie Le Grand BainLes invisibles, etc.

"On veut simplement proposer une offre culturelle pendant le déconfinement, pas créer une offre commerciale", a assuré à l'AFP l'un de ses organisateurs, Mathieu Robinet, ancien directeur général de Bacs films, l'un des studios indépendants majeurs en Europe.

Selon lui, "le Drive-In Festival n'a pas de potentiel commercial" car il n'est possible que grâce aux 35 bénévoles de l'association Drive-in festival dont le concept se veut "éphémère". Le festival s'arrêtera dès la réouverture des salles obscures, affirme Mathieu Robinet.

Des initiatives qui mettent en péril les spectateurs et les salariés?

La FNCF a demandé "l'application extrêmement stricte du dispositif réglementaire en vigueur" pour ce type d'événements. Elle veut une "garantie du respect des conditions sanitaires" avec "un protocole sanitaire précis, à l'identique de l'ensemble des branches professionnelles de notre pays".

"Il n'y a aucune raison que ces initiatives échappent à la règle générale et mettent en péril les spectateurs et les salariés", poursuit la FNCF, qui réclame aussi un "engagement de la collectivité sur un plan de soutien des salles de cinéma locales".

Outre la question des drive-in, la Fédération des cinéma appelle à l'interdiction par le CNC (Centre national du cinéma) de toutes les projections traditionnelles en plein air. Elle fait valoir l'"impossibilité de garantir les règles de distanciation physique lors d'une telle manifestation".

J.L. avec AFP