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Avec Le Cas Richard Jewell, Clint Eastwood réalise son pire flop en quarante ans

Richard Jewell, le nouveau Clint Eastwood.

Richard Jewell, le nouveau Clint Eastwood. - Warner Pictures

Il s'agit du plus gros échec de Clint Eastwood depuis la sortie de Bronco Billy en 1980.

Sorti vendredi dernier aux Etats-Unis, le nouveau film de Clint Eastwood, Le Cas Richard Jewell, n'a pas séduit le public américain. Avec une recette de 5 millions de dollars (malgré une sortie dans plus de 2500 salles), le long-métrage sur l'attentat des JO d'Atlanta est le pire démarrage d'un film du réalisateur en quarante ans.

Il s'agit en effet du plus gros échec de Clint Eastwood depuis la sortie de Bronco Billy en 1980. Ce film où la star incarnait un homme de cirque alcoolique avait récolté alors seulement 3,7 millions de dollars lors de son premier week-end d'exploitation.

La sortie du Cas Richard Jewell était entourée d'une polémique sur sa véracité. Un journal d'Atlanta a dénoncé jeudi dernier le portrait "choquant" et "faux" d'une de ses rédactrices brossé par Clint Eastwood. Le film insinue en effet qu'elle avait couché avec un policier en échange d'informations.

Un héros devenu un suspect

Tiré d'une histoire vraie, Le Cas Richard Jewell raconte l'histoire de cet ancien policier, d'abord célébré en héros pour avoir trouvé le sac à dos contenant un engin explosif à Atlanta pendant les Jeux olympiques d'été de 1996. L'explosion avait fait deux morts et plus de cent blessés.

Même si son alerte avait permis de mettre à l'abri des centaines de personnes, Richard Jewell, 33 ans à l'époque, avait très vite été présenté comme un suspect par les médias, sous un jour peu flatteur, sans qu'il ne soit jamais arrêté ou mis en examen.

Kathy Scruggs, de l'Atlanta Journal-Constitution (AJC), faisait partie des journalistes qui avaient rapidement établi que Richard Jewell était considéré comme un "suspect" par le FBI (police fédérale), qui l'avait finalement innocenté trois mois plus tard. Elle est décédée en 2001.

"Le film commet exactement le péché dont il accuse les médias"

"Le portrait de notre reporter est choquant, faux" et a été inventé par Hollywood, a déclaré à l'AFP Kevin Riley, rédacteur en chef de l'AJC. "Le film commet exactement le péché dont il accuse les médias: il invente des faits de toutes pièces", accuse-t-il.

Cox Enterprises, propriétaire du journal d'Atlanta, a envoyé lundi une lettre pour demander à Clint Eastwood et aux studios Warner Bros de déclarer publiquement que "certains événements ont été imaginés à des fins artistiques". La lettre déplore le fait que le journal et ses employés soient "dépeints de manière inexacte et diffamatoire" et demande qu'un avertissement clair soit ajouté au film en ce sens.

Dans sa version actuelle, le film qui sort vendredi aux Etats-Unis se contente de préciser, tout à la fin du générique, qu'il est "fondé sur des événements historiques réels" mais a créé certains dialogues et éléments pour les besoins de l'histoire. Le film se fonde "sur une grande quantité d'éléments matériels hautement crédibles" et "les allégations de l'AJC sont sans fondement", a insisté Warner Bros dans sa réponse à la lettre.

Jérôme Lachasse avec AFP