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Bertrand Cantat: la lettre ouverte sans concession d'une amie de Marie Trintignant

Marie Trintignant interprète, le 10 janvier 2001 au Théâtre Hébertot à Paris, le rôle de Michèle dans la pièce "Comédie sur un quai de gare" de Samuel Benchetrit.

Marie Trintignant interprète, le 10 janvier 2001 au Théâtre Hébertot à Paris, le rôle de Michèle dans la pièce "Comédie sur un quai de gare" de Samuel Benchetrit. - François Guillot / AFP

Dans une lettre ouverte publiée, Christine Citti interpelle le chanteur sur son devoir d'artiste et l'invective pour qu'il ne soit "plus être un héros dans la lumière".

"Bertrand, je me suis tue 15 ans. Je ne peux plus". C'est par ces mots que la cinéaste et actrice Christine Citti, amie proche de Marie Trintignant, débute sa lettre ouverte adressée à l'ex-chanteur de Noir Désir.

"En tuant une de mes amies les plus chères, tu as percé un trou sans fond dans mon cœur et dans celui de beaucoup d'autres", poursuit Christine Citti dans ce texte publié sur le site du Huffington Post.

Si cette dernière estime que "l'institution judiciaire de notre pays a fait son travail" et que Bertrand Cantat a "le droit à la réinsertion", elle préfère l'interpeller sur "sa responsabilité quant à ce qu'il transmet, partage": "aujourd'hui tu salis l'idée que je me fais d'être un artiste", lui lance-t-elle.

"Tu ne peux plus être cette icône"

Le problème, selon Christine Citti, porte en effet sur les devoirs de Bertrand Cantat en tant que personnalité publique et artiste:

"Ton devoir d'artiste ne serait-il pas de montrer à ceux qui commettent CHAQUE jour des actes de violence physique et psychique sur les femmes [...] ta honte d'avoir donné les coups qui ont entraîné la mort de Marie? De dire que l'amour ce n'est pas surveiller, contrôler, maltraiter, brutaliser, écraser l'être aimé?"

Elle ajoute: "En produisant sur scène, tu te poses en icône romantique et rock. Et tu ne peux plus être cette icône. Tu as le droit d'exercer ton métier. Tu peux écrire, composer, enseigner, ou que sais-je... Mais NON tu ne peux plus être un héros dans la lumière".

Interrogée au micro d'Europe 1 sur les intentions de son texte, Christine Citti a précisé qu'il n'y avait "pas de haine dedans": "Je m'adresse à Bertrand Cantat: qu'il réfléchisse", s'est-elle contentée de dire.
Jérôme Lachasse