BFMTV
Bandes dessinées

Une "Maison des dessins de presse" ouvrira à Paris dans "2 ou 3 ans"

"Charlie Hebdo" a tiré son numéro spécial à un million d'exemplaires

"Charlie Hebdo" a tiré son numéro spécial à un million d'exemplaires - Jacques Demarthon AFP

Promise par Emmanuel Macron en 2020, la "Maison des dessins de presse" doit ouvrir dans "deux ou trois ans".

Une future "Maison des dessins de presse" ouvrira à Paris dans "deux ou trois ans", a indiqué l'Elysée mardi, conformément à la promesse d'Emmanuel Macron de 2020 qui avait défendu "la liberté de blasphème".

Le chef de l'Etat devait officialiser cette annonce mardi après-midi lors de ses vœux à la presse, en ce jour anniversaire de la marche du 11 janvier en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo en 2015 après la publication de caricatures de Mahomet.

Liberté de blasphème

Emmanuel Macron avait annoncé la création d'une mission pour créer une "maison du dessin de presse et du dessin satirique" lors de ses voeux à la presse de janvier 2020, en défendant le dessin de presse et le droit au blasphème comme élément de la liberté d'expression.

Une déclaration qui avait eu lieu quelques mois avant l'attaque à l'arme blanche devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, suivie de l'assassinat de Samuel Paty, à l'automne 2020.

"Nous sommes un pays où la liberté de critiquer va avec la liberté de s'exprimer, où la liberté de blasphème est aussi protégée et je tiens très profondément à ce qu'elle soit maintenue et préservée", avait-t-il alors déclaré.

Mais la pandémie a retardé la concrétisation de cet engagement, souhaité dès 2007 par le dessinateur Georges Wolinski.

"En souvenir de cet esprit du 11 janvier, le président a choisi cette journée pour annoncer la décision du lieu d'implantation de la maison européenne ou internationale du dessin de presse", a précisé l'Elysée mardi, en expliquant que le nom du lieu n'était pas encore définitif.

Près de Notre-Dame

Le terme de "maison de la caricature a été jugé "trop restrictif" et l'ajout ou non du mot de "dessin satirique", souhaité par Maryse Wolinski et les signataires de la tribune de septembre, n'était pas encore décidé.

Le lieu, qui sera installé près de Notre-Dame et devrait accueillir des expositions et organiser des actions d'éducation aux médias dans toute la France, a précisé l'Elysée. Ce sera aussi un lieu refuge pour les dessinateurs étrangers.

"Il est possible que ce lieu soit considéré comme une cible et il faut en penser la sécurisation", a aussi estimé la présidence.

En septembre, Maryse Wolinski, la veuve du caricaturiste tué dans l'attentat contre Charlie Hebdomadaire avait, avec six dessinateurs de presse dont des rescapés de l'attaque, appelé le chef de l'Etat à officialiser sa promesse. Elle est décédée en décembre dernier.

"La création d'un tel lieu se justifie d'autant plus que la presse satirique appartient à notre histoire (...) et s'est développée jusqu'à nos jours comme contre-pouvoir", soulignaient les signataires.
M. R. avec AFP