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Yvelines: un policier hors service percuté, le conducteur dit avoir cru à une agression

Police (illustration)

Police (illustration) - AFP

Un policier a été blessé après avoir été percuté par une voiture jeudi soir. L’avocat du conducteur affirme que son client a cru à une agression, le policier n’étant pas en service.

Un policier du groupe de sécurité de proximité de Trappes (Yvelines) a été percuté ce jeudi soir par un automobiliste, a appris BFM Paris auprès de sources policières. Blessé, il a été conduit à l'hôpital Percy vers 19h30.

Selon des informations de source policière, deux fonctionnaires de police hors service ont croisé un véhicule qui était recherché et ils l’ont alors suivi. La voiture s’est ensuite arrêtée au bord de la route. Les policiers sont sortis et se sont portés à la hauteur du conducteur, qui a redémarré et fauché le fonctionnaire en prenant la fuite. Toujours selon ces mêmes sources policières, le policier aurait été trainé sur environ 200 mètres à 70 km/h dans la zone industrielle Eugène-Hennequin.

L'automobiliste confondu avec une personne recherchée

Une version largement incomplète, selon l'avocat de l'automobiliste. Contacté par BFM Paris ce vendredi, Maître Rachid Madid explique que les deux policiers hors service auraient confondu son client avec une autre personne recherchée.

L'avocat affirme que le premier policier ne se serait "en rien identifié" et aurait lancé à l'automobiliste "une injonction très ferme à s'arrêter" en l'appelant "par un autre prénom" que le sien. Le fonctionnaire aurait alors aggripé le conducteur de la voiture à travers sa fenêtre ouverte.

Maître Rachid Madid, qui précise que son client souffre d'un handicap mental, ajoute qu'il a ensuite "appuyé sur l'accélérateur" après avoir pris peur vis à vis de cet "individu jeune, de plus d'un mètre 80, qui l'attaque sans raison".

Le conducteur interpellé... en allant porter plainte

Selon Maître Madid, le policier blessé n'aurait par ailleurs "pas été trainé au sens propre", mais plutôt "emporté" par la voiture de son client, qui a ensuite pris la fuite. N'ayant pas connaissance du métier des policiers et croyant qu'il venait de subir une agression, le conducteur de la voiture est alors allé porter plainte au commissariat, poursuit son avocat. C'est là-bas qu'il aurait été interpellé et placé en garde à vue jeudi soir pour avoir blessé le policier.

"Ils (les policiers) se sont rendu compte de leur bourde", assure Maître Madid, soulignant que son client, qui attendait simplement sa mère à la sortie de son travail, n'était au départ pas la personne recherchée par la police. La garde à vue du conducteur a été levée peu après 22 heures.

L'avocat ajoute que son client aurait été lui aussi blessé lorsque le policier l'a aggripé à travers sa fenêtre de voiture. "Le fonctionnaire s'est mis à mordre mon client au pectoral gauche", assure Maître Madid, qui explique être en possession d'un certificat médical fait à l'hôpital dans la nuit, qui "établit ces faits de violences".

"Le ministre de l'Intérieur ment"

Si le fonctionnaire de police concerné souffre lui aussi de diverses blessures, notamment localisées au niveau des pieds, ainsi que de dermabrasions et de brûlures, Maître Madid assure qu'il ne s'agit pas de blessures graves, comme l'a laissé entendre Gérald Darmanin dans un tweet de soutien au fonctionnaire.

"Le ministre de l'Intérieur ment. C'est faux, ce sont des blessures superficielles, et heureusement", a réagi l'avocat.

"Mon client est choqué. Il n'était en rien suspect (...) et il était inconnu des services de police", conclut Maître Madid, qui n'exclut pas de porter plainte auprès de l'IGPN après ces événements.

Raphaël Maillochon avec Florian Bouhot et Juliette Mitoyen