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Vaccinodrome au stade de France: des places encore disponibles pour le vaccin Moderna

Le Stade de France, à Saint-Denis, le 31 mars 2021

Le Stade de France, à Saint-Denis, le 31 mars 2021 - THOMAS SAMSON © 2019 AFP

Le top départ a été donné ce mardi matin. Le vaccinodrome doit permettre de réaliser 10.000 injections par semaine dans le cadre de la vaccination contre le Covid-19.

Le vaccinodrome du Stade de France, en Seine-Saint-Denis a ouvert ses portes ce mardi. Plus grand centre de vaccination du pays, il doit permettre de vacciner jusqu'à 10.000 personnes par semaine contre le Covid-19.

Lundi, 6700 rendez-vous avaient été enregistrés pour la première semaine. Mais si tous les rendez-vous pour le vaccin Pfizer ont trouvé preneur, ce n'est pas le cas du Moderna.

"On a été surpris ces derniers jours", indique Katy Bontinck, première adjointe au maire de Saint-Denis en charge de la santé, sur BFM Paris, qui souligne qu'il n'y a pas de "réticence à avoir avec ce vaccin".

"Quand il y a le choix entre Pfizer et Moderna, il y a une popularité qui est plus forte pour Pfizer parce que beaucoup plus utilisé en France ces derniers temps", ajoute l'élue.

Au niveau national, à la date du 4 avril, un peu moins de 9 millions de doses du vaccin Pfizer avaient été injectées contre seulement 867.909 pour Moderna, selon le site Vaccin Tracker.

Victime collatérale d'AstraZeneca?

Auprès de BFMTV, Frédéric Adnet, chef de service d’urgences SAMU-SMUR de l’hôpital Avicenne de Bobigny, souligne de son côté que Moderna pourrait être une victime collatérale des derniers événements qui ont accompagné le déploiement du vaccin AstraZeneca.

"Astra et Moderna ça rime et les gens confondent Astra et Moderna", estime Frédéric Adnet. "On a beau expliquer, on leur dit, Moderna c’est la même chose que le Pfizer, c’est un ARN messager, c’est le même principe, les ARN sont un petit peu différents, mais au niveau des effets secondaires et de l’efficacité c’est exactement la même chose."

C'est également ce que martèle le maire de Saint-Denis. "Je pense que sur les ondes par facilité quand on parlait du vaccin ARN Messager, on a tous parlé - moi le premier - du Pfizer parce que c'était celui qui était présent massivement en France".

Pour lui, il n'y a pas de défiance envers le vaccin Moderna. "Je suis convaincue que d'ici quelques heures, le bouche-à-oreille va faire son effet parmi les habitants de Seine-Saint-Denis et qu'ils appelleront" pour prendre rendez-vous, a réagi Mathieu Hannotin au micro de BFMTV.

Alexandra Boutelier, directeur général du Stade de France, pense qu'un "petit exercice de pédagogie" sur le vaccin Moderna pourrait inverser la tendance.

"Ce que l'on me dit, ce que j'entends, c'est que ces deux vaccins, établis selon la même technologie, ont des résultats de protection extrêmement proches, les uns des autres, confie-t-elle, au micro de BFMTV, ce mardi après-midi. À mon avis avec un petit exercice de pédagogie, tout cela va, petit à petit, rentrer dans l'ordre."

Rassurer les habitants

Même son de cloche pour le président de la Seine-Saint-Denis, invité de RMC ce mardi matin. "Il faut rassurer nos concitoyens, c'est la même chose. Ces vaccins sont sûrs et efficaces, donc prenez rendez-vous" indique Stéphane Troussel.

Ce mardi, sur Doctolib plus aucun créneau n'est disponible que ce soit pour du Moderna ou du Pfizer. Mais il reste encore des rendez-vous pour le reste de la semaine pour une première injection avec du Moderna.

De même que dans plusieurs centres de vaccination en France, Stéphane Troussel a indiqué que s'il restait des doses à la fermeture, il est envisageable de vacciner des personnes non-prioritaires car il ne faut "perdre aucune dose".

Elargir la vaccination

Un avis partagé par Valérie Pécresse qui propose d'ouvrir la vaccination au-delà des personnes autorisées s'il reste des vaccins. "Si on s'aperçoit que les personnes prioritaires c'est trop restrictif (...) il faut se fixer un principe simple: zéro gaspillage, zéro stock", estime la présidente de la région Ile-de-France, en citant en exemple le vaccin AstraZeneca. "Je crois qu'il faut qu'on soit très pragmatique" pour pouvoir aller "vers l'immunité collective."

Pour rappel, les personnes pouvant se faire vacciner au Stade de France sont celles qui sont éligibles à la vaccination en ce moment: les personnes de plus de 70 ans, les professionnels de santé, les personnes de 50 à 54 ans souffrant d'une ou plusieurs comorbidités, les personnes de 18 à 74 ans présentant un très haut risque de développer une forme grave du Covid-19. La moitié des créneaux sont réservés pour les habitants de la Seine-Saint-Denis.

Alicia Foricher