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Un campement de jeunes migrants s'installe à Paris

Image de l'évacuation du camp de migrants porte de la Chapelle en juin 2016.  (photo d'illustration)

Image de l'évacuation du camp de migrants porte de la Chapelle en juin 2016. (photo d'illustration) - Joël Saget - AFP

Composé d'environ 70 migrants, considérés par les associations comme mineurs isolés étrangers, le campement s'est formé dans un square à proximité de la place de la République.

Un nouveau campement composé d'environ 70 migrants, considérés par les associations comme mineurs isolés étrangers, s'est formé lundi soir près de la place de la République à Paris, a constaté une journaliste de l'Agence France Presse (AFP).

Dans un square à une centaine de mètres de cette place emblématique du centre de Paris, 75 "mineurs non accompagnés", tous masqués, se sont installés dans des tentes individuelles, ont indiqué les associations d'aide aux migrants Utopia56, Médecin sans frontière (MSF) et Comede qui ont organisé cette action pour exiger une meilleure prise en charge par l'Etat et les collectivités de ces jeunes.

Toutes militent pour que les jeunes reconnus majeurs mais qui ont fait un recours soient considérés comme mineurs, donc enfants en danger, le temps du jugement définitif.

"Rien n'est adapté pour héberger et accueillir dignement ces jeunes"

"Un recours peut durer entre six mois et 1 an et demi, or aujourd'hui rien n'est adapté pour héberger et accueillir dignement ces jeunes en attendant leur jugement", a expliqué Florent Boyer, coordinateur à Paris d'Utopia56, qui n'acceptera pas "une simple mise à l'abri de la part de l'Etat".

Aujourd'hui ces jeunes doivent "s'appuyer uniquement sur l'aide des associations pour être hébergés, nourris et soignés", regrette Caroline Douay, coordinatrice de projet chez MSF, qui veut mettre les départements et la mairie de Paris, en charge des questions des mineurs isolés, "face à leurs responsabilités". Actuellement, ils sont "environ 300" à vivre à Paris et en banlieue, dans des hôtels ou à la rue selon MSF.

En avril, avocats, ONG et associations avaient envoyé un signalement au procureur de la République de Paris, pour l'alerter de la situation de ces mineurs "livrés à eux-mêmes" et exposés à un "danger grave" faute d'hébergement pendant le confinement.

Fin mai, Utopia56 avait mis en place un campement sur les quais du bassin de la Villette d'une cinquantaine de tentes et composé essentiellement de familles et de femmes, pour demander à l'Etat de prendre en charge ces personnes pendant le confinement.

F.B. avec AFP