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"Si j'avais entendu...": le fils de l'homme de 92 ans roué de coups par une toxicomane à Paris "s'en veut terriblement"

Le nonagénaire a été violemment agressé porte de la Villette par une toxicomane qui cherchait de l'argent afin d'acheter une dose de crack.

"Je m'en veux terriblement". Jérôme Watel ne parvient pas à tourner la page ouverte le 9 septembre dernier, en fin d'après-midi. Ce jour-là, son père Jean-Baptiste Watel, âgé de 92 ans, est violemment agressé au retour d'une promenade par une toxicomane dans le quartier de la porte de la Villette, dans le XIXe arrondissement parisien.

Après avoir reçu un premier coup au niveau du crâne, le nonagénaire est roué de coups et laissé gisant dans le hall de l'immeuble de son fils, chez qui il vit une semaine sur deux. Invité de BFMTV, le Parisien confie ses regrets.

"J'étais à l'étage quand il a reçu le coup à la tête et je n’ai rien entendu car il devait avoir une commotion cérébrale. Si j’avais entendu, je serai descendu et je l’aurais sauvé", avance le fils.

"Je n’ai pas été suffisamment prévenant vis-à-vis de mon père, je savais qu’il y avait un danger mais c’était compliqué de lui dire de faire attention. Toute sa vie, il a décidé pour lui et pour les autres. Je n'ai pas pu l’empêcher ce jour-là d'aller se promener mais je sentais qu’il allait se passer quelque chose", ajoute Jérôme Watel.

Pronostic pessimiste

Jean-Baptiste est transporté par les sapeurs-pompiers à l’hôpital Saint-Louis. Il est victime de deux fractures du bassin avec hémorragie interne et son pronostic vital est engagé. Aujourd'hui, Jérôme reste extrêmement pessimiste quant à l'état de santé de son père.

"Mon père, lors de l’agression, pesait 55 kilos. Actuellement, il n'en pèse plus que 45. Ca fait 20 jours qu'il est à l’hôpital, il lui reste une vingtaine de jours d’immobilisation. Si on passe ces vingt jours, peut-être qu’on a un espoir", explique-t-il.

"Les médecins sont pessimistes, son pronostic vital à six mois est négatif", conclut le fils.

Avant cette agression, Jean-Baptiste vivait une vie encore bien active et autonome, malgré ses 92 ans. "Il se promenait quotidiennement, parfois jusqu'à 2km. C'était quelqu'un qui était vivant, il jouait aux échecs, il jouait aux boules," raconte-t-il.

"Il avait une espérance de vie bien plus longue que celle qu'on lui donne actuellement."

Aujourd'hui, Jérôme s'accroche aux quelques signes positifs qu'il perçoit dans le comportement de son père. "Lorsqu’il me voit, il est triste car je suis triste, mais il reprend vie quand il voit ses petits-enfants. Ça lui donne espoir de passer le cap, d’absorber le choc".

Pour lui, cette agression est l'illustration de la dégradation du quartier de la porte de la Villette qui, selon ses mots, est devenu "la cour des miracles parisienne" ces cinq dernières années.

"La porte de la Villette a été quelque peu abandonnée. Il y a des migrants, tous les désaxés possibles et imaginables qui se réunissent dans ces squares et autour de la porte", pointe-t-il encore.

La toxicomane interpellée

L'agresseuse a été interpellée le 16 septembre dernier, une semaine après les faits, avec en sa possession un caillou de crack. Lors de sa garde à vue, elle a avoué les faits et dit avoir volé le portefeuille de la victime afin de se payer une dose de crack.

Âgée de 24 ans, elle a le 19 septembre dernier été présentée à un juge d'instruction mise en examen pour "des chefs d’usage de stupéfiants et vol avec violences avec ITT de plus de huit jours." Elle se trouve actuellement en détention provisoire.

La semaine passée, sur l'antenne de BFMTV, le nouveau préfet de Paris Laurent Nuñez a réitéré son intention de lutter contre l'implantation de campements de consommateurs de crack de la Porte de la Villette. "L'action menée n'est pas suffisante", avait-il admis.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV