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Seine-et-Marne: dix mois ferme pour le "tireur" de la Nationale 4

Cyril Parisot a été visé à deux reprises en 24 heures sur la RN4.

Cyril Parisot a été visé à deux reprises en 24 heures sur la RN4. - DR

Fin octobre, les pare-brise de plusieurs poids lourds circulant entre Nancy et Paris avaient été la cible de projectiles inconnus alors qu'ils roulaient de nuit sur la Nationale 4.

Des billes et non des balles: le tribunal correctionnel de Melun a condamné lundi à dix mois de prison ferme un chauffeur routier qui a semé la psychose sur la Nationale 4, ses dégradations faisant croire à un "tireur" sévissant sur l'axe routier.

Fin octobre, les pare-brise de plusieurs poids lourds circulant entre Nancy et Paris sont la cible de projectiles inconnus alors qu'ils roulent de nuit sur la Nationale 4. Constatant la taille impressionnante des impacts, leurs chauffeurs songent aussitôt à des tirs d'arme à feu.

Une fois cette information postée sur le groupe Facebook "Les routiers de la Nationale 4", plusieurs conducteurs signalent à leur tour avoir subi depuis l'été sur cette route des faits similaires, aux origines toujours aussi mystérieuses. La rumeur d'un tireur ciblant les chauffeurs routiers se répand alors dans le milieu.

Un chauffeur routier interpellé

La panique montant, des transporteurs mettent en place des itinéraires de déviation pour que leurs camions contournent le tronçon à risque. La gendarmerie lance d'importantes investigations pour retrouver le "tireur".

La géolocalisation et les relevés téléphoniques mènent les enquêteurs jusqu'à un homme de 54 ans, lui-même chauffeur routier travaillant sur la Nationale 4. Il est interpellé au petit matin, avec les grands moyens, à son domicile en Meurthe-et-Moselle.

Mais son arsenal se révèle surprenant. En guise de "balles" sont découvertes... des billes de grosse taille (calots).

"Quand le GIGN m'a arrêté, ils pensaient que j'avais des armes, ce n'est pas des billes qu'ils cherchaient", confirme devant le tribunal le prévenu, licencié pour faute grave suite à cette affaire.

"En colère" contre les incivilités

"En colère" contre les incivilités sur la route, le routier lançait des billes de verre sur des véhicules croisés de nuit sur la Nationale 4 et dont la conduite lui déplaisait (pleins phares, trajectoire en zigzag...). La frayeur ainsi causée était censée les inciter à respecter le code de la route.

Après avoir commencé par punir les véhicules récalcitrants en leur jetant des restes de nourriture, le camionneur était passé à la vitesse supérieure au début de l'été en achetant un sac de billes au supermarché; il en gardait toujours 2-3 à disposition sur son tableau de bord.

Les billes ne suffisant pas à régner la bonne conduite sur la Nationale 4, l'homme envisageait ensuite d'acheter un pistolet de paint-ball. "Il y a une espèce d'emballement, de crescendo, pour arriver à l'accident mortel", constate la présidente.

La tribunal l'a condamné à 24 mois de prison dont 14 assortis de sursis probatoire, et ordonné que la peine ferme soit aménagée en assignation à domicile avec bracelet électronique.

Il a également interdiction d'exercer pendant cinq ans en tant que chauffeur de poids lourd.

A.F avec AFP