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"Salles de shoot" à Paris: plusieurs centaines de riverains se mobilisent devant la mairie du Xe arrondissement

Alors que Jean Castex a accepté le projet de création de plusieurs salles dédiées pour les toxicomanes, notamment dans le Xe arrondissement parisien, les riverains craignent pour leur sécurité. Ils étaient plusieurs centaines à manifester ce samedi devant la mairie d'arrondissement.

Les "salles de shoot" continuent de diviser les Parisiens. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce samedi devant la mairie du Xe arrondissement, où deux salles dédiées aux toxicomanes devraient voir le jour prochainement.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a en effet présenté au Premier ministre Jean Castex un projet de création de plusieurs salles dans la capitale, pour désengorger le nord-est de la ville, où la consommation de rue provoque de vives tensions.

"On a besoin de comprendre pourquoi cette décision a été prise"

Dans le détail, la candidate à l'élection présidentielle prévoit un site pour les femmes toxicomanes dans le XIXe arrondissement et deux sites dans le quartier des Grands Boulevards, "dont un opérationnel avant la fin de l'année".

Craignant de potentielles conséquences néfastes dans leur quartier, les riverains du Xe arrondissement demandent une concertation avec la mairie.

"On a besoin de comprendre pourquoi cette décision a été prise, pourquoi Mme Hidalgo et Mme Cordebard, maire du Xe, ont décidé de mettre deux salles de shoot, à trois cent mètres d'écart en plein milieu d'écoles, de terrasses, de crèches, de parcs", s'indigne Thibault Millet, l'un des riverains présents à la manifestation, au micro de BFMTV.

La mairie renonce à un site dans le XXe

Les manifestants se disent inquiets pour la tranquillité de leur quartier, considéré comme festif, et leur sécurité. "Ça va amener des pauvres gens qui sont dépendants et les dealers. On sait bien que tous les gens qui prennent du crack deviennent violents. On a peur pour notre sécurité, la sécurité de nos enfants. J'ai un petit garçon de deux ans qui va être à hauteur de seringues. On ne sera plus en sécurité chez nous, c'est la moindre des choses normalement", déplore Thibault Millet.

Une autre riveraine renchérit. "Les gens qui viennent sont en manque complet, ils viennent pour être mieux soignés mais c'est une faune. Ils ne vont pas venir tous seuls", affirme-t-elle.

Si Jean Castex a donné son feu vert, il a mis son veto pour un site situé dans le XXe arrondissement, jugé trop proche d'une école élémentaire.

Fanny Rocher