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Rixes mortelles: le président de l'Essonne pointe "un déficit de fonctionnaires d'État"

Police, gendarmerie, éducation nationale, justice... François Durovray a listé ce mercredi sur BFM Paris les secteurs touchés par un manque d'effectifs dans le département, où deux adolescents ont été tués depuis le début de la semaine.

Le constat dressé par François Durovray est sans appel. Pour le président du Conseil départemental de l'Essonne, les violentes rixes qui ont émaillé l'actualité du territoire ces dernières heures - et causé la mort de deux adolescents - résultent de manquements, et notamment d'un "déficit de fonctionnaires d'État".

Police, gendarmerie, éducation nationale, justice... Invité sur BFM Paris ce mercredi, François Durovray a énuméré les secteurs qu'il estime concernés par des manques d'effectifs.

L'élu appelle au lancement d''un plan pour l'Essonne, qui permette que notre département soit reconnu à sa juste valeur et que nous ayons le nombre d'enseignants nécessaires pour permettre à tous les jeunes de construire leur avenir mais aussi des forces de l'ordre. Nous en avons deux fois moins que Paris. Ce n'est pas normal".

"Redonner des moyens de juger"

Pour illustrer son propos, l'élu s'est appuyé sur l'exemple des greffiers. Il en manque "une dizaine" au tribunal d'Evry, a-t-il estimé. Conséquence: le fonctionnement de la justice est ralenti, voire à l'arrêt dans certains cas.

"Je sais qu'aujourd'hui dans l'Essonne, sur 90.000 plaintes, il y en a 25.000 qui sont poursuivables et seulement 5000 qui sont poursuivies, faute de moyens humains", a-t-il déploré, amer. (...) Lorsqu'il y a des jeunes qui basculent, il n'y a pas de rappel des conditions de vie en société et pas de sanctions données."

C'est pourquoi François Durovray estime aujourd'hui nécessaire de "redonner à la justice des moyens de juger ce qui doit l'être".

Une centaine de policiers et gendarmes déployés

En attendant que des mesures pérennes soient actées, Gérald Darmanin a demandé mardi le déploiement "d'une centaine de policiers et gendarmes" dans le département pour contenir d'éventuels nouveaux débordements.

Une soixantaine de fonctionnaires ont pris la direction de Saint-Chéron, où une collégienne de 14 ans a reçu un coup de couteau mortel lors d'une bagarre entre bandes rivales lundi. Une trentaine ont été déployés à Boussy-Saint-Antoine, où un adolescent du même âge a succombé à un coup de poignard le lendemain.

Selon les données du ministère de l'Intérieur, 350 rixes ont été recensées sur le territoire français en 2020. 180 ont éclaté en Île-de-France, 99 rien que dans l'Essonne.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions