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Rixes à Aulnay-sous-Bois: deux hommes condamnés pour la mort accidentelle d'un jeune de leur cité

La balance de la Justice (illustration)

La balance de la Justice (illustration) - AFP

Le principal accusé a été condamné à douze ans de réclusion criminelle et un autre, mineur, a écopé de cinq ans de prison pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Sept autres prévenus ont été acquittés par la cour d'assises.

La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a condamné jeudi deux jeunes d'une cité et acquitté sept autres pour la mort accidentelle d'un des leurs en marge de rixes nocturnes avec un quartier rival en 2018, fustigeant une enquête "très très incomplète".

Le principal accusé a été condamné à douze ans de réclusion criminelle et un autre, mineur, a écopé de cinq ans de prison pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Ils ont été les seuls reconnus coupables d'avoir participé à l'attroupement dans la cité de l'Europe d'Aulnay-sous-Bois qui, dans la confusion de la nuit, a lynché un jeune qu'ils pensaient venir de la cité voisine et rivale des 3.000, alors qu'il s'agissait d'un de leurs amis.

Une enquête "très très incomplète" selon la présidente de la cour d'assises

Le procès se tenait depuis deux semaines à Bobigny, à huis clos car deux accusés étaient mineurs à l'époque des faits.

Lors du verdict, le président de la cour d'assises a manifesté son mécontentement. Entre "une dizaine et une vingtaine de personnes" se sont acharnées sur la victime, a-t-il rappelé, mais "la cour et les jurés (...) pas été en mesure de prononcer des peines adaptées à cette affaire grave". La faute à une enquête "très très incomplète".

Une journée rythmée par les rixes

Les faits remontent au 5 juin 2018, autour de 23h00. À la cité de l'Europe, quartier en proie au trafic de drogues et plongé dans le noir faute d'éclairage public, l'atmosphère est électrique.

À la suite d'une sombre "embrouille" entre des "petits", la journée a été rythmée par des rixes impliquant plus d'une centaine de personnes et opposant à coups de battes de base-ball, bombes lacrymogènes ou barres de fer des jeunes de l'Europe à ceux des 3.000.

Vers 23h00, une nouvelle bagarre se disperse soudain lorsque court la rumeur que la police arrive. Dans la confusion, un groupe de la cité de l'Europe aperçoit dans une allée un individu encapuchonné qui revient du lieu de la rixe. Pensant avoir affaire à un habitant des 3.000, ils lui sautent dessus et se mettent à le lyncher.

"Arrêtez c'est Dalil, bande de cons !"

Le jeune homme tombe, se relève, est frappé à nouveau, parvient à parcourir quelques mètres, s'effondre à nouveau. Soudain, un jeune le frappant au couteau lui ôte sa capuche et découvre la tragique méprise: "arrêtez c'est Dalil, bande de cons !". Présentant notamment une plaie thoracique d'une profondeur de 20 cm, la victime de 23 ans a succombé à ses blessures deux jours plus tard.

L.C avec AFP