BFM Paris

Pollution dans le métro: l'association Respire dénonce "les chiffres trompeurs" de la RATP

L'organisme publie ce mercredi une étude, dont les résultats démontrent l'inefficacité des capteurs installés dans les stations parisiennes, qui sous-évaluent les données réelles. Il appelle à la mise en place d'un "véritable système de surveillance".

C'est "un enjeu de santé public majeur". L'association Respire s'intéresse à la qualité de l'air respiré dans le métro parisien, fréquenté par les usagers quotidiennement. Mais elle estime, au regard d'une étude menée de concert avec le Syndicat autonome de la RATP dans dix stations de métro et de RER, que la RATP, justement, diffuse des "chiffres trompeurs".

"Les valeurs ne correspondent pas à la pollution réelle dans les stations", indique Respire dans un communiqué.

Respire conteste ainsi l'efficacité du système de mesure de la RATP, baptisé SQUALES, déployé dans trois stations parisiennes: Auber, Châtelet et Franklin-Roosevelt.

L'étude menée par Respire, explique l'organisme, démontre par exemple que les données obtenues par la RATP à Châtelet sont "fausses". En cause: "un capteur encrassé" qui "donne des valeurs surévaluées et incohérentes".

Un capteur de pollution encrassé à la station Châtelet.
Un capteur de pollution encrassé à la station Châtelet. © Respire

Un manque de transparence pointé du doigt

En outre, "les capteurs de la RATP ne révèlent pas les pics très élevés, les 'sursauts', que nous constatons -jusque 500 μg/m3 (soit dix fois le seuil d’un pic de pollution  en extérieur) sur des durées courtes mais qui représentent une exposition majeure pour les usagers sur les quais", souligne l'organisme.

Dans les autres stations, les mesures montrent "une grande diversité de situations": "à l'intérieur d'une même station ayant des correspondances, les valeurs peuvent varier du simple au triple d'une ligne à l'autre", poursuit Respire.

Autre grief mis en avant par l'association: le manque de transparence dont ferait preuve la RATP. Et cite notamment la station de mesure d’Auber, qui "ne communique plus ses résultats depuis juillet 2018" ou celle Châtelet, qui "n’a pas communiqué de données en 2018".

Respire en conclut que "la RATP ne fait pas les efforts nécessaires pour évaluer sérieusement la qualité de l'air, alors que les niveaux mesurés atteignent des seuils préoccupants", et exige "un véritable système de surveillance de la qualité de l'air". Un système permettant de rendre une "image fidèle" de la situation, dont les données seraient portées à la connaissance du public.

La RATP dément les accusations

Dans un communiqué paru ce mercredi matin, la RATP dément les accusations de l'association. "Ces mesures sont réalisées à l’aide d’appareils de référence régulièrement entretenus par un laboratoire accrédité par le Cofrac (Comité Français d’Accréditation) et par des auditeurs externes" explique l'entreprise.

"Toute autre mesure réalisée avec des capteurs portatifs, qui ne sont pas les appareils de référence, ne sont pas comparables aux mesures réalisées sur site. Il est important de souligner que la réponse de ces appareils portatifs varie en fonction de différents paramètres tel que l’humidité relative. Les résultats de ces appareils portatifs ne peuvent être qu’indicatifs et non véridiques. "

La RATP explique que des mesures en continu dans des lieux représentatifs des espaces souterrains ont lieu depuis 1997. "Depuis avril 2018 les données sur la qualité de l’air sont consultables en temps réel depuis le site dédié sur 3 stations représentatives et très fréquentées."

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions