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Paris: comment des boîtes de nuit s’arrangent pour ouvrir malgré l'interdiction

Une soirée sur une péniche à Paris sans grand respect des gestes barrières

Une soirée sur une péniche à Paris sans grand respect des gestes barrières - BFMTV

Malgré l'interdiction de réouverture pour les boîtes de nuit, des soirées se tiennent malgré tout dans la capitale.

Alors que les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 sont au rouge à Paris, certaines images tournées dans des bars et restaurants de la capitale ont fait polémique le week-end dernier. Dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on pouvait voir de nombreuses personnes en train de danser sans respect des gestes barrières, dans des établissements pourtant non-autorisés à accueillir du public.

Des boîtes de nuit tentent de trouver des solutions administratives

Selon la réglementation, seuls les établissements de "type N", les bars et restaurants, ont eu l'autorisation de rouvrir avec un protocole strict, notamment la fermeture à 2h du matin ou encore l'obligation du masque pour se déplacer. Les discothèques en revanche, de "type P", doivent rester fermer.

Lors d'un point presse tenu ce mercredi, la préfecture de police de Paris a expliqué que certains établissements de type P avaient demandé un passage au type N pour pouvoir rouvrir en se réorganisant. D'autres boîtes de nuit ont par ailleurs rouvert car déjà classées N, en raison d'activités annexes à celle de discothèque. En se mettant en configuration "bar-restaurant", ces établissements peuvent légalement accueillir du public.

Mais certaines images tournées le week-end dernier montrent que malgré les réglementations qui pèsent sur établissements de type N, les mesures sanitaires ne sont pas toujours respectées: peu de masques, regroupement sur un dancefloor... D'autres établissements ont eux ouvert sans cette autorisation et sont clairement en infraction.

Interrogé par BFMTV, le patron d'un célèbre club parisien qui témoigne anonymement dénonce un deux poids deux mesures:

"Les vidéos viennent d'établissements dits boîtes de nuit à la base, ou de bars et restaurants de plein air. Des bars et restaurants qui font notre métier de boîte de nuit et il n'y a aucun contrôle, aucune fermeture. Donc trouvons un protocole adapté pour nous rouvrir. Sinon, il va se passer quoi? Les discothèques, celles qui ne vont plus en pouvoir vont être obligées de se révolter et de rouvrir."

210 mises en demeure, 15 fermetures administratives

La préfecture explique effectuer des contrôles mais les sanctions restent limitées. Depuis le début de l'été, la préfecture de police de Paris a ainsi procédé à 120 mises en demeure pour non-respect des règles sanitaires en vigueur. Une quinzaine d'établissements ont également été visés par des fermetures administratives.

Des chiffres faibles au regard des milliers de bars et restaurants que compte de la capitale. D'autant que ces mises en demeure et fermetures concernent toutes sortes de commerces pas seulement les établissements de nuit, notamment des coiffeurs par exemple.

La préfecture a cependant précisé que les contrôles dans les établissements de catégorie N allaient être renforcés, notamment sur les péniches parisiennes. Elle appelle également les gérants de bars et restaurants à plus de responsabilité en cette période de reprise de l'épidémie de Covid-19.

Juliette Mitoyen avec Igor Sahiri