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La mairie de Paris s'oppose au forage de nouveaux puits d'hydrocarbures en Seine-et-Marne

L'Hôtel de ville de Paris.

L'Hôtel de ville de Paris. - Joël Saget- AFP

Bridgeoil demande l'autorisation de creuser des puits d'hydrocarbures supplémentaires à Nonville. La mairie de Paris craint une pollution des sources d'eaux potables qui alimentent la capitale.

La ville de Paris dit non au projet d'extension de la concession minière de Bridgeoil. Elle a émis un avis "fermement négatif" dans le cadre de l'enquête publique menée dans ce projet de forage de dix puits d'hydrocarbure supplémentaires sur la commune de Nonville, en Seine-et-Marne.

Des risques de pollution

Pour la mairie de la capitale, le projet présente trop de risques liés "aux forages et à l'exploitation des puits qui seraient réalisés", selon un communiqué.

"La zone concernée se situe au sein de l'aire d'alimentation des sources de Villeron et Vellemer, exploités par Eau de Paris, et qui permet l'alimentation en en eau potable de Paris", explique la mairie.

"Une fuite d'hydrocarbures condamnerait les sources locales pour une période qui peut être longue" alerte dans le communiqué Dan Lert, adjoint à la Maire de Paris en charge de la transition écologique, du Plan Climat, de l'eau et de l'énergie, et Président d'Eau de Paris.

Incompatible avec l'Accord de Paris

La municipalité pointe aussi du doigt les risques importants liés au transport d'hydrocarbure, alors que les aménagements routiers "ne sont actuellement pas satisfaisants pour sécuriser cette activité".

Elle déplore aussi un projet incompatible avec les objectifs de l'Accord de Paris. "À l'heure de l'urgence climatique, où nous nous mobilisons pour une transition vers une société décarbonée, il est impensable qu'en France des sociétés ignorent l'Accord de Paris", affirme Dan Lert.

La mairie de Paris n'est pas la seule à lutter contre ce projet. L'association Environnement Bocage Gâtinais a lancé une pétition qui a déjà obtenu plus de 70.000 signatures. Elle s'inquiète notamment de l'impact de ce projet pour le territoire qui est composé de sites classés Natura 2000 ou Espaces Naturels Sensibles.

"L'implantation dans le paysage des derricks (jusqu’à 36 m de haut) et des oléoducs irait de pair avec une augmentation alarmante des transports dangereux de camions citernes à 45 km à la ronde", écrit l'association dans sa pétition, évoquant "une catastrophe locale et une menace régionale pour notre santé et notre environnement".

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions