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Ile-de-France: à quoi sert la métropole du Grand Paris?

Le nouveau président de la métropole du Grand Paris sera élu ce jeudi. L'occasion de revenir sur les prérogatives de cette institution peu connue des Franciliens.

Le Grand Paris change de président ce jeudi, au cours d'une élection qui fait beaucoup moins de bruit que les récentes municipales. Pour cause, cette métropole reste peu connue des citoyens franciliens qui vivent sur son territoire.

L'institution regroupe pourtant 131 communes d'Ile-de-France autour de Paris, et pas moins de 7 millions d'habitants. Elle comprend la capitale, mais aussi les trois départements de la petite courronne (la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne), ainsi qu'Argenteuil, dans le Val-d'Oise, et six communes de l'Essonne.

Des compétences larges

Malgré son étendue, les champs d'actions du Grand Paris restent peu connus des citoyens. Si ils sont relativement nombreux et vastes, il restent également flous. La métropole possède par exemple des compétences en matière d’aménagement, de développement et d'aménagement économique, social et culturel, de politique locale de l'habitat, de protection et de mise en valeur de l’environnement, de politique du cadre de vie ou encore de gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations.

Les compétences larges mais floues du Grand Paris
Les compétences larges mais floues du Grand Paris © BFM Paris

Parmi ses oeuvres concrètes, on peut tout de même noter l'appel à projets "Inventons la métropole du Grand Paris", grâce auquel neuf lauréats ont obtenu un permis de construire, à l'image du Campus Urban Valley, centre de recherche et d'expertise du groupe Engie, à Stains.

Côté environnement, le Grand Paris finance également l'extension du service Vélib' au-delà de Paris. Depuis un an, la métropole a également créé une "zone à faibles émissions", dans le but de dimuner les rejets de CO2. Un projet qui englobe notamment l'obligation de posséder des vignettes Crit'Air et l'interdiction des véhicules les plus polluants dans un périmètre délimité par l'A86. Toutefois, même pour ce projet, la métropole n'est pas en capacité d'imposer aux communes cette ZFE et certaines villes ont décidé de ne pas y participer.

Un champs d'action vaste pour un budget limité

Dans les faits, l'intercommunalité souffre du manque de clarté sur ses attributions et d'une absence de pouvoir pour faire appliquer ses décisions face aux départements, aux régions, ou même à la simple ville de Paris. Le Grand Paris dispose d'un budget de 3,6 milliards, dont 3,2 sont en effet tous les ans redistribués automatiquement aux communes qui composent la métropole.

Restent alors seulement 200 millions pour ses dépenses propres. Une enveloppe qui laisse peu de marche de manoeuvre à l'institution. À titre de comparaison, Paris disposent d'environ 1,5 milliard d'euros d'investissement tous les ans.

Réformer le Grand Paris?

L'institution a à de nombreuses reprises était décriée, y compris par Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France. En 2017, celle-ci critiquait le Grand Paris, jugeant même la métropole "inutile" et plaidant pour un statut unique d'une "région-métropole"

Proche de la présidente de région, le maire de l'Hay-aux-Roses Vincent Jeanbrun a été choisi mercredi lors d'une primaire comme candidat de la droite à la présidence de la métropole. Pressenti pour prendre la tête de l'institution, ce dernier souhaite réformer l'intercommunalité s'il est élu. Interrogé ce jeudi par BFM Paris, Vincent Jeanbrun a estimé qu'il était "absolument nécessaire que l'on puisse porter un projet de réforme" pour le Grand Paris.

"Cette métropole a beaucoup d'ambitions mais peu de moyens, a-t-il déclaré. Si les conseillers métropolitains me font confiance, je lancerais les assises du Grand Paris, où tous les maires pourront discuter ensemble de l'avenir de cette frasque (...) Nous pouvons écrire l'acte 2 du Grand Paris tous ensemble."

Le maire de L'Hay-aux-Roses souhaite également que "les citoyens soient impliqués parce que cette métropole est peu connue, et peu de nos concitoyens comprennent son utilité".

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions