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Hommage à Samuel Paty dans sa ville, son collège et à l'Elysée

Jean Castex et Jean-Michel Blanquer ont dévoilé ce samedi au ministère de l'Education nationale une plaque en hommage à Samuel Paty.

Jean Castex et Jean-Michel Blanquer ont dévoilé ce samedi au ministère de l'Education nationale une plaque en hommage à Samuel Paty. - BFMTV

Une série d'hommages au professeur Samuel Paty ont lieu ce samedi dans le Val-d'Oise et les Yvelines, un an jour pour jour après son assassinat.

Un an jour pour jour après son assassinat, des hommages au professeur Samuel Paty ont lieu ce samedi dans le Val-d'Oise où il vivait, dans les Yvelines où il enseignait, et à Paris où sa famille sera reçue à l'Élysée.

Une plaque commémorative

Ce samedi matin, à 10H30, dans l'entrée du ministère de l'Éducation nationale, une plaque en hommage à Samuel Paty a été inaugurée par Jean-Michel Blanquer et Jean Castex. D'autres membres du gouvernement étaient présents aux côtés des parents et de la famille de l'enseignant.

Sur cette plaque sont inscrites les dates de naissance et de mort du professeur d'histoire-géographie ainsi qu'une phrase rappelant qu'il a été "assassiné par un terroriste islamiste pour avoir enseigné et défendu les valeurs de la République dont la liberté d'expression".

En début d'après-midi, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), lors d'une rare prise de parole, des enseignants du collège du Bois d'Aulne où il enseignait prononceront un discours, notamment devant des élèves et des parents, l'ancienne principale de l'établissement et le ministre de l'Éducation nationale.

Un monument à Conflans-Sainte-Honorine

Vendredi, déjà, d'innombrables écoles, collèges et lycées à travers la France avaient honoré la mémoire de l'enseignant d'histoire-géographie, sauvagement assassiné le 16 octobre 2020 - poignardé et décapité - pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors d'un cours sur la liberté d'expression.

C'est dans une rue d'Eragny-sur-Oise (Val-d'Oise) que l'attentat s'était produit, à quelques centaines de mètres seulement du collège de l'enseignant. Des habitants de cette commune de près de 16.000 habitants où vivait Samuel Paty, père d'un petit garçon, doivent se réunir en milieu de matinée. Voisins et amis y sont attendus, selon la mairie.

À 15H00, la mairie de Conflans-Sainte-Honorine dévoilera, elle, un monument en forme de livre sur l'une des places centrales de la ville. La famille de Samuel Paty sera ensuite reçue par Emmanuel Macron à l'Élysée.

Enfin, un square situé face à la Sorbonne, rue des Ecoles, sera rebaptisé square Samuel Paty, lors d'une cérémonie que la mairie de Paris veut simple et recueillie.

Dans un entretien à La Croix cette semaine, l'une des soeurs de Samuel Paty, Gaëlle, l'avait décrit comme un enseignant "qui ne cherchait pas à révolutionner la terre entière" mais "voulait changer les choses par l'action ordinaire".

Slams sur la liberté

Depuis un an, les professeurs traumatisés du collège du Bois d'Aulne, sollicités par les médias, avaient gardé le silence.

Mais la commémoration approchant, sept des cinquante enseignants du collège ont accepté cette semaine de raconter à Libération et à France Inter "leur Samuel Paty", impliqué auprès de ses élèves et toujours prêt à débattre avec ses collègues: "un être humain comme les autres" et non "l'espèce de mythe" que l'attentat l'a fait devenir malgré lui, a dit l'un d'eux.

Après l'attentat, de nombreux professeurs du collège avaient demandé des arrêts de travail.

"Jusqu'à quinze enseignants ont pu être absents simultanément", indique le rectorat de Versailles, qui a remis en place une ligne d'écoute jusqu'à la fin de ce mois d'octobre.

Lors de l'hommage dans l'établissement, des élèves réciteront des slams écrits autour de la liberté. Vendredi, ils avaient été notamment invités à lire leurs poèmes sur leur professeur. La communauté du collège aura aussi été frappée par le fait que cinq élèves, âgés de 13 à 15 ans lors des faits, ont été mis en examen, soupçonnés d'avoir désigné le professeur à son assassin.

L'attentat a été "un bouleversement à plusieurs égards" et sa "répercussion demeure considérable", note Jean-Jacques Brot, préfet des Yvelines. D'un point de vue sécuritaire, "cela a impliqué un sursaut dans la réflexion de tous les services, que ce soit du ministère de l'Intérieur ou de l'Education nationale, en matière de renseignements, d'analyse ou de prévision".

C.Bo. avec AFP