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Dégradations, tirs de mortier... Les habitants de Nangis exaspérés face aux actes de délinquance

Neuf mâts de caméras ont été sciés en huit jours dans la ville de Seine-et-Marne, la mairie a de son côté été victime d'une attaque de mortiers.

La ville de Nangis doit faire face ces derniers temps à de nombreuses actes de délinquance. En un peu plus d'une semaine, pas moins de neuf mâts de caméras ont été sciés dans le quartier de la Mare-aux-Curées, un préjudice qui monte à plus de 100.000 euros pour la mairie.

Le soir, les habitants doivent également subir le bruit des tirs de mortier qui s'entendent jusqu'au centre-ville. La mairie elle-même a subi une attaque de mortiers, des vitres du bâtiment ont été cassées. Face à cette violence qui émaille la commune, de nombreux habitants de la ville sont exaspérés et pensent même pour certains à quitter la commune.

Une fracture sociale

Mis en cause principalement, le quartier de la Mare-aux-Curées, un quartier pourtant considéré d'ordinaire comme calme. "C'est un quartier populaire où tout se passe bien, il n'y a pas de soucis particulier", assure un pharmacien de Nangis.

Un autre riverain met lui en avant "la fracture sociale" entre les jeunes de Nangis et la mairie qui entraîne en partie ces incivilités.

"Ils n'ont pas grand chose à faire dans la ville, on propose pas beaucoup de choses pour eux. On est en août, ceux qui n'ont pas la chance de partir en vacances, ça a des répercussions sur leur vie sociale. On est loin de Paris, il n'y a rien à faire ici. Si la mairie n'est pas là pour les aider, on les perd vite", explique-t-il au micro de BFM Paris-Ile-de-France.

Parmi les derniers épisodes en date, lors d'une opération anti-délinquance mardi soir, une cinquantaine de gendarmes ont été pris à partie par des tirs de mortiers.

Deux arrêtés municipaux pris

De son côté, la maire de Nangis assure se montrer à la hauteur de ces situations. Deux arrêtés ont été pris par la municipalité. L'un interdit la consommation d'alcool sur la voie publique, l'autre prohibe les rassemblements de plus de trois personnes entre 22h30 et 6h du matin.

La maire de Nangis rappelle aussi avoir doublé en deux ans le nombre de caméras de surveillance pour faire face à ces violences. "On a installé un centre de surveillance urbain qui permet aux gendarmes de récupérer plus facilement les images dont ils ont besoin pour les enquêtes, on fait tout ce qu'on s'était engagé à faire", assure Nolwenn Le Bouter à BFM Paris-Ile-de-France.

L'opposition RN à la mairie estime pourtant que les mesures prises ne sont pas suffisantes et appelle à embaucher davantage de médiateurs. "C'est une goutte d'eau", tacle Aymeric Durox, conseiller municipal d'opposition.

"Il faut voir quelles sont les personnes concernées, est-ce qu'on peut pas taper au portefeuille des familles irresponsables qui laisseraient leurs enfants dans la rue", suggère-t-il auprès de BFM Paris-Ile-de-France.

Une enquête est actuellement en cours, menée par les gendarmes pour retrouver les responsables notamment des tirs de mortiers.

Rémi Sanlis, Barnabé Hausser avec Gauthier Hartmann