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Covid-19: des signaux encourageants en Île-de-France mais la situation reste "critique"

Pour la première fois depuis le mois de novembre, le taux d'incidence enregistré mercredi dans la région était en légère baisse. Mais pour les professionnels de santé, la vigilance reste de mise.

Peut-on parler d'une inflexion, d'un frémissement? Voilà quelques jours que le nombre de contaminations enregistrées ralentit en Île-de-France si l'on se fie aux chiffres relayés quotidiennement par Santé publique France. Une première dans la région depuis le mois de novembre.

Mercredi, le taux d'incidence s'élevait à 664 cas pour 100.000 habitants, contre 689 le 31 mars. Cette diminution se vérifie également dans certains départements. En moins d'une semaine, l'indicateur a reculé de 587 à 541 dans les Yvelines et de 565 à 529 dans les Hauts-de-Seine.

Les taux d'incidence observés en Île-de-France restent néanmoins particulièrement élevés au regard de la moyenne nationale, établie à 444, selon Covid Tracker. En Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise, cet indicateur égale ou dépasse actuellement les 800.

Deux-trois semaines pour avoir "une vision d'ensemble"

Interrogée par BFMTV, le Dr Marie Razon, médecin généraliste, se veut prudente quant à l'évolution des chiffres depuis l'entrée en vigueur des dernières mesures de restriction.

Deux à trois semaines lui semblent nécessaires "pour avoir une vision d'ensemble". "En sachant que là, il y a eu des jours fériés, ça a été plus dur au niveau des comptabilisations au niveau de Santé publique France", note la professionnelle de santé.

Et d'ajouter: "Il y avait peut-être moins de tests parce qu'il y avait des lieux qui étaient fermés. Tout ça peut rentrer en ligne de compte. Il ne faut pas se précipiter sur les chiffres. Il faut garder en tête qu'on est dans une situation qui est critique".

"Prioriser ce qui est vital"

Critique, la situation l'est particulièrement dans les hôpitaux franciliens au regard de l'afflux de patients souffrant du Covid-19. "Ça veut dire de la déprogrammation chirurgicale et médicale, ça veut dire prioriser ce qui est vital, malheureusement retarder tout ce qui est fonctionnel (...) de quatre à cinq semaines si on y arrive", résume Emmanuel Guérot, directeur médical de crise à l'hôpital Georges-Pompidou, à Paris.

Mercredi, Covid Tracker recensait 1709 patients en soins critiques dans les établissements hospitaliers de la région. Au plus fort de la deuxième vague, à la mi-novembre, ce total n'avait pas dépassé 1136.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions