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Covid-19: des étudiants contraints de passer un examen dans une salle bondée

Menacés d'un zéro, des étudiants en BTS ont dû passer une épreuve d’anglais dans une salle d’examen à Arcueil, dans le Val-de-Marne. Certains étaient cas contact ou présentaient des symptômes.

Ils dénoncent des conditions sanitaires insuffisantes, voire dangereuses. Vendredi dernier, les étudiants en BTS des académies de Versailles et de Créteil ont été obligés de passer une épreuve d'anglais en présentiel, à la Maison des examens d'Arcueil, dans le Val-de-Marne, malgré les restrictions sanitaires.

Parmi eux, des étudiants étaient cas contacts ou présentaient même des symptômes. Malgré leur signalement, ils n'ont pas été incités à rester chez eux, se voyant même menacer d'un zéro en cas d'absence, assurent-ils.

"J'ai eu un peu de fièvre, des courbatures et des maux de tête. Si on était malade, on avait zéro" affirme Sarah, étudiante en BTS à BFM Paris.

"Ce n'est pas éliminatoire, mais c'était zéro donc c'était important pour moi que je puisse passer mon examen. En plus, j'étais dans le doute, je n'étais pas sûre d'avoir le Covid."

Des étudiants demandent un contrôle continu

L’étudiante a toutefois été testée positive quelques heures après sa sortie de l’épreuve. Si elle se sent coupable d’avoir pu contaminer ses camarades, elle assure ne pas avoir eu le choix.

"Coupable parce que j'ai dû mettre d'autres personnes en danger même si j'ai fait très attention et en plus j'étais dans le doute. Mais obligée parce que je n'allais pas rater deux ans de mes études comme ça", résume la jeune femme.

Selon elle, cette situation aurait pu être évitée si l'évaluation avait été la même que l’an dernier: un contrôle continu à la place des épreuves. C’est d’ailleurs ce que réclament de nombreux étudiants avec le hashtag #BTSCONTROLCONTINU. Un collectif d’étudiants s'est même formé pour alerter sur la situation.

"On a peur pour notre santé"

"On n'est pas du tout en sécurité pour passer un examen", indique Morgane, membre du collectif "BTS en détresse".

"En deux ans, on a eu des conditions très difficiles, mais par contre, on nous emmène quand même passer des examens dans des conditions qui sont justes déplorables. On a peur pour notre santé et pour nos examens".

Ces étudiants ont reçu le soutien de plusieurs élus, à l'image d'Aurélien Taché. "Je me dis qu'on marche sur la tête dans ce pays", fustige le député Les Nouveaux Démocrates du Val-d’Oise, invité de Bonjour Paris.

Refus du ministère

"Depuis maintenant un an, on a pris des mesures extrêmement durs pour les Français de fermeture de commerces, de confinement pour éviter que la crise sanitaire ne se propage. Et on laisse des étudiants aller passer leurs examens en présentiel, quitte à attraper le Covid" souligne le député.

Avec d'autres députés, Aurélien Taché a saisi Fédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur. Cette dernière n'a pour l'heure pas répondu aux sollicitations des députés.

Néanmoins, le ministère de l’Enseignement supérieur a affirmé ces derniers jours que le BTS se calait sur le baccalauréat et qu’il n’y avait aucune raison de passer en contrôle continu. Contactée par BFMTV pour évoquer les conditions d’accueil des étudiants, la Maison des examens a indiqué avoir appliqué "strictement les mesures préconisées par les protocoles sanitaires".

"Les images que vous avez pu consulter, montrent des candidats qui en réalité ont attendu quelques instants dans les escaliers en attendant de pouvoir accéder dans la salle d’examen. Dès l’entrée en salle, les candidats sont installés à leur place (...) la distance et le placement en salle permettent aussi de respecter l’espace nécessaire entre chaque candidat" juge le centre d'examen.

Simon Azélie, Jean-Baptiste Graziani et Alicia Foricher