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Covid-19: dans certains quartiers de Paris, "15 à 20% des commerces sont encore fermés"

D'après le président de la CCI Paris-Île-de-France, entre "15 à 20% des commerces" sont encore fermés dans certains quartiers, notamment des secteurs touristiques. Un taux de vacances "anormalement élevé".

Opérations déstockage, locaux à louer ou recherche de repreneur... Ces pancartes ornent les devantures de plusieurs magasins dans le centre de Paris. Rue de Rennes, avenue de l'Opéra, rue de Rivoli: même les zones animées de la capitale sont touchées par ces fermetures.

Le long du boulevard historique Saint-Michel, une vingtaine de boutiques ont actuellement le rideau baissé, en faisant l'axe commerçant parisien qui a enregistré le plus de fermetures cette année selon l'Atelier parisien d'urbanisme, cité par Le Parisien. Malgré le retour des touristes à Paris, certains commerçants sont en détresse.

"Il y a des zones qui aujourd'hui encore se portent mal, notamment les zones qui sont moins touristiques ou les zones dans lesquelles il y a des commerces indépendants qui ont des difficultés", explique Didier Kling, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Paris Île-de-France, à BFM Paris.

Il ajoute "qu'en se promenant dans les rues de Paris", on peut voir "un taux de vacances anormalement élevé, de l'ordre de 15 à 20% des commerces qui sont encore fermés".

Difficulté à payer les loyers

Les raisons d'un tel contat en plein Paris? La pandémie tout d'abord, les commerces ayant énormément souffert des multiples confinements.

En France, selon une étude du groupe Altares, les cessions de fonds de commerces se sont effondrées de 10,5% entre 2019 et 2020. Des boutiques ont fermé, sans trouver de repreneurs.

"Il y a une situation qui est observée sous l'angle du Covid et qui naturellement traduit qu'il y a une baisse sans surprise. On est sur une attractivité plus difficile des vendeurs de fonds de commerce, quel que soit le métier", explique à BFM Paris Thierry Millon, directeur des études chez Altares.

La pandémie a aussi affecté la capacité des gérants à payer leurs loyers de plus en plus exorbitants. "Avec la pandémie, ils n'ont pas pu acquitter normalement les loyers, l'activité était fermée et ils n'ont pas une surface financière suffisante pour traverser cette période difficile", analyse Didier Kling. Il demande plus d'aide pour que les commerçants puissent payer leurs loyers.

Une situation antérieure à la crise sanitaire

Autre raison expliquant ces fermetures en série pour Didier Kling: "le développement du e-commerce au détriment des commerces physiques". Si tous ces problèmes ce sont accentués avec la crise sanitaire, selon certains commerçants parisiens la situation a commencé à se dégrader bien avant, au moment des manifestations des gilets jaunes.

"Là, ça a commencé à se déclencher, tout a basculé. Les étrangers ne venaient plus. Moi par exemple, pour cette boutique, 40% du chiffre d'affaires est fait avec les étrangers. Quand vous ne voyez plus les Australiens, les Américains, les Suisses arriver, vous vous dîtes qu'il se passe quelque chose", témoigne Chantal, gérante d'un magasin de parapluie boulevard Saint-Michel, au micro de BFM Paris.

Selon certains commerçants et des élus de l'opposition, la désertification commerciale du centre de Paris serait aussi due aux aménagements visant à limiter la place de la voiture dans le centre-ville. Le président de la Fédération des Associations de commerçants et artisans de Paris a d'ailleurs demandé le report de la Zone à Trafic Limité dans la capitale "à l'horizon 2024".

Marine Langlois