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Couvre-feu: les jeunes franciliens privés de nombreux jobs étudiants

Couvre-feu oblige, de nombreux étudiants franciliens n'exercent plus les petits boulots qui leur permettent d'ordinaire de payer leur loyer ou leur nourriture.

Baby-sitter, serveur, plongeur dans les restaurants ou encore ouvreur dans les salles de cinémas et de spectacles... Autant de petits jobs souvent exercés en région parisienne par des étudiants et étudiantes. Mais avec la mise en place d'un couvre-feu pour au moins trois semaines, beaucoup de ces petits boulots sont à l'arrêt, faute de demande.

Un manque à gagner non-négligeable pour de nombreux étudiants d'Ile-de-France qui dépendent de ces revenus complémentaires pour payer leur loyer, leurs titres de transports ou même leur nourriture.

"Il n'y a plus rien, les gens ne sortent plus et du coup, ils n'ont plus besoin de baby-sitter du coup et il n'y a plus de petits jobs", déplore une étudiante habituée de la garde d'enfants au micro de BFM Paris.

"Je bosse avec une application qui propose des missions ponctuelles et maintenant, avec les restrictions, il y en a beaucoup moins", explique une autre.

"C'est compliqué de joindre les deux bouts"

Une situation inquiétante pour les associations et organisations étudiantes, qui craignent une précarisation encore plus grande des jeunes dont la poursuite des études dépend de petis boulots.

"C'est sûr qu'aujourd'hui avec le coronavirus et le couvre-feu, c'est compliqué pour un grand nombre d'étudiants de joindre les deux bouts quand on dépend d'un job pour se loger ou pour se nourrir", a confirmé ce mardi sur notre antenne Anaïs Fley, secrétaire nationale de l'Union des étudiants communistes.

À l'échelle nationale, pas moins de 46% des étudiants français exercent une activité rémunérée parallèlement à leur cursus scolaire selon l'Observatoire de la vie étudiante. "Ca peut-être un travail à mi-temps, le week-end, pendant les vacances, ajoute Anaïs Fley. Mais pour beaucoup, ça signifie un travail le soir en sortant des cours."

"Des gardes d'enfants à domicile, en présence des parents"

Malgré une offre moins importante, certaines plateformes spécialisées dans les petits jobs tentent de s'adapter pour aider les étudiants, qui se ruent sur ce genre de services. "Il y a beaucoup d'inscriptions", confirme à BFM Paris Benjamin Suchar, fondateur de Worklife. Si moins d'emplois sont disponibles, il assure qu'il est tout de même possible d'en trouver en région parisienne malgré le couvre-feu.

"Là où vous aviez des gardes d'enfants le soir pour des loisirs, du divertissement, on est passé à un autre type de garde pour favoriser l'équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, avec des gardes la journée à domicile, en présence des parents", explique par exemple Benjamin Suchar.

Durant le couvre-feu, les étudiants boursiers ou bénéficaires des aides au logement (APL) pourront par ailleurs bénéficier d'une aide exceptionnelle de 150 euros, qui sera versée automatiquement dans les prochaines semaines.

Mais cette mesure est "un pansement sur une jambe de bois", juge Anaïs Fley, qui estime que les dispositifs gouvernementaux d'aides aux étudiants devraient aller plus loin, et cela même après la levée du couvre-feu. "On ne peut pas cumuler deux emplois du temps, ça met en péril nos études et notre réussite", estime la présidente de l'Union des étudiants communistes.

"Ce qui pourrait être fait pour permettre à toutes et tous de réussir, c'est de reconnaître que les études sont un vrai travail". Et donc de rémunérer les étudiants pour se rendre en cours, une mesure déjà en vigueur chez nos voisins danois.

Maéva Lahmi et Alexia Elizabeth avec Juliette Mitoyen