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Cession du domaine de Grignon à Altarea: la mairie fait de la résistance

Le campus d'AgroParisTech est célèbre pour son château de style Louis XIII construit au 17e siècle, ses dépendances et ses 260 hectares de forêts et de pâtures.

Le campus d'AgroParisTech est célèbre pour son château de style Louis XIII construit au 17e siècle, ses dépendances et ses 260 hectares de forêts et de pâtures. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

La maire de la commune refuse de modifier son plan local d'urbanisme après la vente de ce domaine qui accueille actuellement l'école AgroParisTech et des chercheurs.

La petite commune de Thiverval-Grignon (Yvelines), opposée à la vente par l'Etat du vaste domaine de Grignon au promoteur Altarea Cogedim, a déclaré dimanche à l'AFP qu'elle n'entendait pas changer son plan local d'urbanisme (PLU) pour autant.

Le projet d'Altarea "suppose de changer le PLU", a souligné Nadine Gohard, maire (sans étiquette) de ce village de 1.100 habitants. "Je ne le ferai pas", a-t-elle assuré.

Berceau de l'agronomie française depuis 200 ans, le domaine de Grignon accueille actuellement l'école d'ingénieurs agronomes AgroParisTech et des chercheurs. Mais l'école doit déménager pour rejoindre le grand pôle scientifique Paris-Saclay en 2022.

Un projet alternatif porté par d'anciens élèves

Le domaine comprend 24 hectares de parcelles bâties, dont un château du XVIIè siècle et ses dépendances. Il possède aussi 130 hectares de terres agricoles, dont une ferme expérimentale, et plus de 133 hectares de bois.

Le comité de sélection de la Direction Immobilière de l'Etat a retenu le 4 août le projet d'Altarea Cogedim, qui était en concurrence notamment avec un projet alternatif, "Grignon 2026", porté par une association d'anciens élèves de l'école soutenu par la communauté de communes Coeur d'Yvelines (31 communes) à laquelle appartient Thiverval.

Ce projet entendait faire du site un "Centre international sur la transition alimentaire et agricole". Il avait les faveurs de certains scientifiques spécialistes de l'environnement et le soutien de défenseurs du patrimoine.

Nadine Gohard regrette que le projet Grignon 2026 n'ait pas été retenu car "il allait vers la préservation du site tout en étant innovant notamment sur la recherche en environnement".

"Certes l'Etat aurait ramassé un petit peu moins d'argent mais le projet était sûr financièrement et juridiquement", a-t-elle dit.

Le montant de la vente pas communiquée

Pour sa part, Altarea Cogedim a promis "d'être à l'écoute" des acteurs du territoire et du monde agricole pour "récréer à Grignon un lieu d'exception aux multiples usages". Le château accueillera des séminaires et des événements. Le groupe a un programme résidentiel, avec réhabilitation des bâtiments du domaine et nouvelles constructions. Il veut aussi offrir une "programmation touristique responsable" avec notamment un pôle gastronomique, indique-t-il.

"C'est le choix d'un projet réaliste et fiable", déclare à l'AFP le ministère de l'Agriculture. "Le jury a pris en compte plusieurs éléments, en plus du niveau de l'offre, en particulier le traitement architectural et paysager du projet et l'intégration des enjeux urbains et environnementaux".

Le ministère n'a pas souhaité communiquer le montant de la vente, celle-ci n'étant pas totalement "finalisée".

B.R. avec AFP