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Cachan: l'opposition dénonce les propos "anti-police" d'un adjoint, la maire dénonce une attaque politique

Des élus de droite et du centre se sont rassemblés devant la mairie ce mardi soir pour afficher leur soutien aux forces de l'ordre. L'édile, Hélène de Comarmond, se dit victime "d'une campagne de haine" et a déposé plainte.

La polémique enfle depuis le 30 septembre. Elle a pris des proportions dépassant largement le périmètre de Cachan, commune de 30.000 habitants située dans le Val-de-Marne. Elle est née des propos jugés "anti-police", prononcés par un adjoint La France Insoumise à la maire socialiste, à l'occasion d'un conseil municipal.

"Je croyais que le but de la police était de protéger la population, pas nécessairement de posséder des armes pour la tuer", a déclaré l'élu ce jour-là, au cours d'un débat sur l'armement de la police municipale. Une phrase qui a heurté les élus d'opposition, de droite et du centre, et poussé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à interpeller la maire de la commune.

Une partie de ces élus ont manifesté leur soutien aux forces de l'ordre au pied de la mairie de Cachan ce mardi soir, accompagnés par des membres du syndicat SGP Police et des riverains. "La police ne tue pas n'importe qui, elle tue les assassins de Samuel Paty", a-t-on pu entendre lors de ce rassemblement.

"Nous préférons qu'il cesse son mandat"

"Ce Monsieur n'est pas adapté dans sa fonction de maire adjoint, a fustigé Antoine Madelin, conseiller départemental et municipal à Fresnes, à notre micro ce mardi soir. Il est aujourd'hui maire adjoint à la vie scolaire. On peut imaginer ce qu'il peut transmettre comme valeurs lorsqu'il rencontre nos enseignants, qui sont des représentants du service public comme nos policiers, qui œuvrent pour l'intérêt général de nôtre population, comme des policiers (...) Nous préférons qu'il cesse son mandat."

Invitée sur le plateau de BFM Paris ce mardi soir, Hélène de Comarmond, maire socialiste de Cachan, a pointé du doigt le rassemblement organisé devant la mairie. "Ce n'est pas une manifestation pour soutenir les forces de l'ordre. C'est une manifestation qui a pour visée politique de déstabiliser la maire de Cachan", a-t-elle fustigé.

Elle vise spécifiquement Vincent Jeanbrun, maire Les Républicains-Soyons libres de la commune voisine de L'Haÿ-les-Roses. Ce dernier avait diffusé sur son compte Twitter un extrait vidéo des déclarations décriées. Un extrait vidéo, relayé "truqué et colporté par le maire de L'Haÿ-les-Roses", a-t-elle assuré.

Une vidéo amplement relayée sur les réseaux sociaux

Pointée du doigt pour son supposé silence depuis le début de l'affaire, l'élue rappelle qu'elle "est intervenue à la fin du conseil municipal" mais que son micro a été "coupé."

"J'ai pris la décision d'intervenir en fin de conseil municipal pour reposer les choses, pour réaffirmer qu'évidemment la majorité municipale que je conduis soutient les forces de l'ordre (...), considère que les affaires de sécurité sont des affaires sérieuses", a-t-elle ajouté.

Des "menaces"

Au lendemain du conseil municipal, Hélène de Comarmond assure avoir partagé sur le site de la commune "un communiqué de presse qui replaçait les faits dans leur contexte (...) J'ai aussi répondu au ministre, Monsieur Darmanin, qui m'a demandé des comptes et a rendu publique sa lettre. J'ai répondu plusieurs choses: d'abord que je condamnais les propos tenus par le maire adjoint concerné. Lui-même est revenu sur ses propos. Il a fait un communiqué de presse d'excuses".

La maire de Cachan assure aujourd'hui qu'elle est visée par "une attaque en règle" et se dit "victime, avec les agents de la ville, avec les élus de la ville, avec certains citoyens de la ville, d'une campagne de haine, de menaces". En conséquence, l'édile assure avoir porté plainte pour divulgation d'informations calomnieuses. "Je porte plainte parce que nous avons été mis en danger", insiste-t-elle.

L'élue socialiste précise qu'elle a "interpellé" le ministre de l'Intérieur sur cette question mais déplore ne pas avoir reçu de réponse.

"Je serai peut-être l'une des premières à solliciter la protection fonctionnelle qui est prévue dans cette loi, a-t-elle affirmé, en référence à la loi Engagement et Proximité "qui vient d'être votée".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions