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Réchauffement climatique: tempéré, méditerranéen ou continental, le climat va-t-il changer en France?

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Canicule, réchauffement généralisé, inondations et précipitations, les épisodes extrêmes se succèdent dans le pays. Le climat tempéré français est-il appelé à se diluer et se transformer? Un climatologue de Météo France nous répond.

Des canicules de plus en plus fréquentes, des hivers moins froids mais parfois traversés d'épisodes extrêmes, le dérèglement climatique change en profondeur l'atmosphère française. Si le phénomène travaille le monde, et notre pays, depuis des décennies, il est désormais indubitable... au point de défigurer notre climat et de nous forcer à le redéfinir? 

Les cours de géographie l'apprennent aux jeunes Français de génération en génération: la France est dominée par un climat tempéré, porté par le régime océanique de l'ouest, mâtiné au sud d'un temps méditerranéen, et mordu à l'est par l'air continental. C'est donc la question d'une possible fin, à petit feu, de notre climat tempéré qui se pose. David Salas y Melia, climatologue à Météo France, nous aide à y voir plus clair. 

Définitions complexes 

Selon lui, l'équation climatique ne se présente pas tout à fait en ces termes, en raison notamment de la complexité des définitions. "Qu'est-ce qu'un climat tempéré? C'est compliqué, il existe pas mal de réponses", pose-t-il en préambule. La principale se construit par la négative: est tempéré, ce qui n'est ni tropical, ni polaire. "Même en 2100, et peu importe le scénario, on sera toujours dans un climat tempéré en France. Car le climat ne sera bien entendu pas devenu polaire et le climat tropical connaît des températures d'au moins 18°C aux périodes les plus froides", fait-il valoir. 

Sans en arriver à ce stade, des changements atmosphériques plus nuancés mais également très significatifs pourraient peut-être transformer le fond de l'air tempéré océanique français. Mais là encore, David Salas y Melia pointe les limites d'une telle perspective. "On peut imaginer une extension du climat continental mais ce climat se définit par un hiver relativement froid. Or, on ne va pas vers ça", remarque-t-il. Un élargissement de la zone méditerranéenne ne lui paraît pas plus pertinent. "On peut définir le climat méditerranéen par le taux d'ensoleillement. Il faut au moins 2500 heures d'ensoleillement par an. Mais on devrait au contraire continuer à avoir des hivers relativement gris. Peut-être que la végétation méditerranéenne va investir des régions où elle n'est pas présente jusqu'à présent mais ça ne veut pas dire que le climat serait méditerranéen". 

Des tendances de plus en plus marquées 

D'autant que le Midi n'est pas exempt de bouleversements. C'est même dans le sud qu'ils ont été les plus marqués, qu'on se souviennent des récentes inondations dans l'Aude ou de la neige sur les plages de Biarritz à la fin du mois de février 2018. "Il semble qu'il y ait une augmentation de l'intensité des précipitations dans le pourtour méditerranéen, mais ça n'exclut pas une réduction des cumuls de pluie annuels. On peut avoir la double peine" poursuit David Salas y Melia. 

Loin de la typologie du climat à laquelle la France pourrait être astreinte à l'avenir, le chercheur préconise de s'en tenir aux faits observés pour tracer, avec plus de précision, les grandes tendances des décennies se profilant devant nous. Il les esquisse, peignant des "vagues de froid moins fréquentes, avec des épisodes extrêmes qui vont se réchauffer, des vagues de chaud qui vont se réchauffer mais de façon moindre, et une baisse des précipitations".

Autant de schémas que les Français connaissent déjà de mieux en mieux. 

Robin Verner