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La hausse des températures en Arctique est désormais inévitable

Un navire sur l'océan Arctique

Un navire sur l'océan Arctique - Christopher Michel / Flickr CC

Même si l'accord de Paris est respecté, les températures en Arctique devraient augmenter entre 3 et 5 degrés, selon un rapport de l'ONU. Avec des conséquences désastreuses pour la planète.

D'ici 2050, les températures en Arctique vont augmenter de 3 à 5 degrés par rapport à celles enregistrées entre 1986 et 2005, avertit un rapport de l'ONU publié mercredi. Elles devraient même atteindre 5 à 9 degrés de plus dans cette région du globe d'ici 2080. 

Selon cette étude, cette hausse aura lieu même si l'accord de Paris, qui prévoit de limiter le réchauffement climatique à deux degrés d'ici 2100, est respecté. Et si toutes les émissions de gaz à effet de serre étaient stoppées du jour au lendemain, cela ne suffirait pas: les températures en hiver augmenteraient de 4 à 5 degrés en 2010 par rapport au niveau enregistré à la fin du XXe siècle. Une augmentation causée par les gaz à effet de serre déjà émis dans l'atmosphère et la chaleur stockée dans les océans.

Quatre millions d'habitants directement menacés

"Ce qui se passe dans l'Arctique ne reste pas dans l'Arctique", prévient Joyce Msuya, directrice exécutive par intérim d'ONU Environnement. "Nous avons la science. Il faut maintenant agir plus rapidement pour lutter contre le changement climatique et éviter une situation plus grave pour notre planète que nous ne l'imaginions." 

L'Arctique et ses habitants subissent déjà les conséquences du réchauffement climatique. Mais d'ici trente ans, quatre millions de personnes et 70% des infrastructures de la région pourraient être menacées par la fonte du permafrost, qui devrait diminuer d'au moins 45% par rapport à aujourd'hui. 

À l'échelle mondiale, ces sols gelés contiennent environ 1672 milliards de tonnes de carbone. Un dégel accru devrait contribuer de manière significative aux émissions de dioxyde de carbone et de méthane. Le réchauffement qui en résulterait entraînerait à son tour davantage de dégel dans une sorte de spirale infernale. Ce changement climatique accéléré pourrait alors irrémédiablement éloigner l'objectif de 2 degrés de l'Accord de Paris, souligne le rapport.

Acidification de l'océan Arctique

Autre conséquence de l'augmentation de la température en Arctique: la montée des mers et des océans. La fonte des glaces au Groenland et des glaciers de l'Arctique contribuerait à un tiers de l'augmentation du niveau des océans. 

Par ailleurs, en imaginant que le taux de CO2 émis reste le même qu'actuellement, l'océan Arctique pourrait être libéré des glaces en été dès 2030. Ses eaux seraient également plus acides, impactant fortement la biodiversité. Ainsi, plus l'eau est acide, plus les coraux, les mollusques et le plancton doivent utiliser de l'énergie pour construire leurs coquilles et leurs squelettes, rappelle l'étude. 

"L'urgence de réaliser les objectifs de l'accord de Paris se manifeste clairement dans l'Arctique, car il s'agit d'une des régions les plus vulnérables et les plus en mutation du monde", alerte le ministre finlandais de l'environnement, de l'énergie et du logement, Kimmo Tiilikainen. "Nous devons considérablement réduire à court terme les émissions de gaz à effet de serre, de carbone noir et d’autres soi-disant polluants climatiques de courte durée dans le monde entier". 

Benjamin Rieth