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CARTE – La fonte des glaces en Arctique bouleverse les routes du commerce mondial

Un navire sur l'océan Arctique

Un navire sur l'océan Arctique - Christopher Michel / Flickr CC

C'est un autre effet du réchauffement climatique: la fonte des glaces est en train de rebattre les cartes du commerce international. Pour la première fois, un porte-conteneurs a pu traverser l’océan Arctique pour rallier l’Extrême-Orient à l’Europe, ce qui permet de gagner près de deux semaines de voyage.

Il n'aura jamais été aussi rapide de transporter du matériel électronique coréen en Europe par bateau. Le navire danois Venta Maersk entrera dans l’histoire en accostant ce samedi 22 septembre à Saint-Pétersbourg avec, à son bord, des marchandises russes et coréennes. Parti de Vladivostok, à l’extrême est de la Russie, fin août, il est le tout premier porte-conteneurs à emprunter la dangereuse route maritime du Nord, qui s’étire de la Sibérie orientale à la Norvège.

Les températures records de cet été ont fait fondre les glaces de l’Arctique. Ce mois-ci, la banquise s'est rétrécie de 4,69 millions de km2, par rapport à sa moyenne de 1981 à 2010.

L’enjeu économique est de taille. Passer par la voie maritime de l’Arctique raccourcit le trajet de 5.700 kilomètres entre Rotterdam et Busan, en Corée du Sud, par rapport à l’itinéraire passant par le canal de Suez, comme illustré dans la carte ci-dessous.

infographie route maritime Arctique
infographie route maritime Arctique © -

Encore en phase de test

Jusqu’à présent, cette route périlleuse était uniquement empruntée pour le transport de méthane, peu gourmand en volume de chargement. En effet, les bateaux ont besoin d'une étrave étroite pour pouvoir briser la glace. Le Venta Maersk est d’ailleurs un porte-conteneurs de taille modeste. Il mesure 200 mètres de long pour 35 mètres de large et peut stocker 3.600 conteneurs environ. Sur le canal de Suez, les porte-conteneurs du même constructeur transportent plus de 20.000 unités chacun.

Même si la voie commerciale du Nord est plus courte d’une à deux semaines pour relier l’Extrême-Orient à l’Europe, elle reste tout de même plus coûteuse. Pour naviguer dans les mers glaciales, le Venta Maersk est précédé de méthaniers brise-glace à tête nucléaire.

L’océan Arctique n’est donc pas encore près de rivaliser avec l’Océan Indien. Pour le transporteur Maersk, il s’agit uniquement d’un test. Les données scientifiques du voyage vont permettre à l’armateur danois d’étudier la faisabilité opérationnelle d’une ligne régulière. Si le réchauffement climatique continue à ce rythme, les spécialistes de l’école de commerce de Copenhague ont conclu que les allers-retours entre l’Asie et l’Europe seraeint économiquement viables avant 2040.

Emeline Gaube