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Un navire de la Marine nationale traverse l'océan Arctique pour la première fois

Le périple du Rhône, réalisé sans l'aide d'un brise-glace russe comme c'est le cas pour les navires de commerce, a duré 17 jours en tout.

Le périple du Rhône, réalisé sans l'aide d'un brise-glace russe comme c'est le cas pour les navires de commerce, a duré 17 jours en tout. - Jonathan Bellenand - Marine nationale-AFP

Un navire de la Marine nationale a pour la première fois traversé sans brise-glace l'océan arctique d'ouest en est, voie maritime nordique longeant les côtes de la Sibérie. Quelques jours plus tôt, un premier porte-conteneurs de l'armateur Maersk a accompli une traversée comparable.

Le réchauffement climatique élargit les possibilités pour les navires d'emprunter plus souvent des voies maritimes autrefois dangereuses car prises par les glaces. Si la marine marchande est concernée, les navires militaires sont aussi intéressés par ce passage maritime nord-est, proche du pôle Nord.

Un navire de la Marine nationale française vient d'effectuer sa première traversée de l'océan Arctique sans l'aide d'un brise-glace. Ce périple réussi a consisté à rallier en 17 jours la Norvège, à un archipel situé au sud de l'Alaska (États-Unis) dans l'océan Pacifique, en longeant toutes les côtes sibériennes de la Russie.

Un périple de 17 jours de traversée en tout

Le bâtiment de soutien et d'assistance hauturier, dénommé "Le Rhône" ne disposait pas de capacité de briser la glace. Ses 31 membres d'équipage avaient quitté le port de Tromsø, au nord de la Norvège, le 1er septembre. Il a ensuite parcouru les mers formant l'Arctique russe avant de franchir le détroit de Béring entre la Russie et l'Alaska pour atteindre le 17 septembre le port de Dutch Harbor, dans les îles Aléoutiennes, au large de l'Alaska.

"Cette traversée avait pour objectif de développer notre connaissance de cette zone dont l'intérêt stratégique est en constante augmentation", affirme le commandant du Rhône, qui a effectué la traversée en totale autonomie.

L'équipage du navire a croisé de nombreux icebergs et growlers, ces petits blocs de glace flottant entre deux eaux, ainsi que transité à proximité de la banquise. "Détectant les premières glaces au radar, nous avons réduit fortement notre vitesse pour nous tenir à l'écart de la banquise", témoigne le pacha du Rhône. Le navire a ensuite slalomé entre les plaques de glace avant de retrouver une eau entièrement libre et poursuivre son tour du monde qui doit le ramener à Brest, son port d'attache, fin novembre.

Le porte-conteneurs danois a traversé l'Arctique en 5 semaines

En mer de Sibérie orientale, le navire de la Marine nationale a croisé le Venta Maersk, porte-conteneurs danois qui effectuait la traversée dans l'autre sens. Ce bateau de l'armateur Maersk était parti le 23 août de l'extrême orient russe et arrivé le 27 septembre 2018 au large de Saint-Pétersbourg, soit une traversée en 5 semaines, du jamais vu pour un navire de cette taille sur cette voie maritime, rarement empruntée par la marine marchande.

Le passage du Nord-Est devient de plus en plus accessible en raison du réchauffement climatique. Si à court terme cet itinéraire reste difficile et coûteux à exploiter, la Russie mise sur son développement, car il permet aux navires de gagner jusqu'à 15 jours par rapport à la voie classique passant par le canal de Suez.

F.Bergé avec AFP