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L'ESSENTIEL - Le point après le passage de l'ouragan Irma

Saint-Martin, le 6 septembre 2017.

Saint-Martin, le 6 septembre 2017. - Capture BFMTV

La quasi-totalité de la partie française de l'île de Saint-Martin a été détruite. Si peu d'informations filtrent pour le moment sur l'état des zones touchées par l'ouragan Irma, le bilan devrait être "dur et cruel" selon le président de la République.

Les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin ont été balayées mercredi par des rafales de vent dépassant les 300 km/h. Le président de la République Emmanuel Macron a évoqué mercredi soir un bilan "dur et cruel" et des "dégâts matériels considérables".

Au moins quatre morts dans la partie française de Saint-Martin

Au moins quatre morts sont à déplorer sur l'île de Saint-Martin après le passage de l'ouragan Irma, de catégorie 5. C'est le bilan qu'a annoncé Édouard Philippe, lors d'un point presse jeudi après-midi. Toujours selon le Premier ministre, une cinquantaine de blessés sont à déplorer "dont deux graves et un en état d'urgence absolue".

Au moins une personne a été tuée et plusieurs ont été blessées par le sur la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin

  • A Porto-Rico, trois personnes sont décédées, tandis qu'un enfant est mort sur l'île de Barbuda. Selon un bilan de la Croix-Rouge, dix personne sont mortes suite au passage d'Irma.

Une île ravagée

Selon le président du conseil territorial Daniel Gibbs, "95%" de la partie française de l'île de Saint-Martin ont été ravagés. L'aéroport néerlandais est partiellement détruit, sa tour de contrôle ne fonctionne plus. L'aéroport et le port de la partie française sont "opérationnels pour réceptionner les secours", selon Édouard Philippe.

Les deux principales centrales électriques de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont été endommagées et sont donc à l'arrêt, a annoncé EDF ce jeudi midi. Orange, l'opérateur de la zone a assuré que le réseau mobile était de retour à Saint-Martin et serait bientôt rétabli à Saint-Barthélemy. Des barges d'eau potable vont être acheminées vers les deux îles, ainsi que 100 000 rations alimentaires. 

Du côté néerlandais de l'île, "les dégâts sont énormes, à tel point que nous n'arrivons pas encore à les mesurer", a annoncé le ministre de l'Intérieur des Pays-Bas, qui ignorait mercredi "s'il y (avait) des blessés ou des morts". 

Comment organiser les secours?

Un centre logistique va être créé à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe pour envoyer des moyens humains et matériels vers Saint-Martin et Saint-Barthélemy. La ministre des Outre-Mer y a atterri ce jeudi matin, en compagnie d'environ 170 personnes de la sécurité civile, des pompiers d’Île-de-France, des bénévoles de la Croix-Rouge et des secouristes.

Il n'a pas encore été déterminé si les secours se rendront sur les îles par voie aérienne ou maritime; aucun moyen n'est exclu pour le moment. Édouard Philippe a affirmé que le port et l'aéroport de Saint-Martin "étaient opérationnels", tout comme les blocs opératoires du centre hospitalier de Saint-Martin.

Sur place, des militaires de sécurité civile sont présents et effectuent des opérations de reconnaissance. Des moyens aériens vont partir depuis la Guadeloupe au lever du jour (les Antilles ayant 6h de décalage avec la métropole) pour se rendre sur la zone sinistrée. 

Édouard Philippe a affirmé que l'état de catastrophe naturelle allait être déclaré vendredi. La reconnaissance de cet état pour un territoire, permet l’indemnisation systématique des victimes des dommages provoqués par les catastrophes naturelles.

Où en est l'ouragan?

  • Après être passé sur Saint-Martin et Saint-Martin, l'ouragan longeait la République dominicaine, avant de se diriger vers Haïti, puis les îles Turks et Caïcos et les Bahamas, selon les prévisions du NHC. Il pourrait toucher le nord de Cuba vendredi soir ou samedi matin, toujours avec une puissance de catégorie 5. Depuis 36h, il n'a pas faibli. 

Les États-Unis attendent également l'ouragan. Le chef de l'agence américaine des situation d'urgence (FEMA), Brock Long, a assuré que l'ouragan Irma allait "être réellement destructeur", lorsqu'il toucherait les côtes de Floride. En Géorgie, l'état voisin de la Floride, le gouverneur a ordonné l'évacuation obligatoire des zones côtières.

Jose et Katia, dans le sillage d'Irma

Un autre ouragan, Jose, pourrait se diriger vers le nord de Saint-Martin et Saint-Barthélemy à la fin de la semaine, amenant avec lui d'intenses précipitations. 

Jose, qui se trouve dans l'Atlantique à 950 kilomètres à l'est des Petites Antilles, s'est renforcé en catégorie 3 avec des vents de 195 km/h, a indiqué jeudi le Centre américain des ouragans (NHC). L'ouragan - qui en quelques heures est passé d'une catégorie 1 à une catégorie 3 - avance à 30 km/h dans une direction ouest-nord-ouest, précise le NHC. Du côté du golfe du Mexique, un troisième ouragan, Katia, de catégorie 2, menace la côte. 

La réaction d'Emmanuel Macron

Depuis Athènes, Emmanuel Macron a assuré qu'il y avait de "nombreux décès" mais qu'il était "trop tôt pour un quelconque bilan".

Le président de la République a ajouté que l'ouragan était une conséquence directe du réchauffement climatique, réaffirmant son engagement "indispensable pour aujourd'hui et demain", dans la lutte contre "le réchauffement climatique qui nous touche toutes et tous". 

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Liv Audigane, avec Igor Sahiri et AFP