BFMTV

Irma - électricité et téléphone coupés, administration fermée, pillages: Saint-Barthélemy et Saint-Martin frappées

Saint-Martin touché par Irma.

Saint-Martin touché par Irma. - BFMTV

L'ouragan Irma a touché ce mercredi les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Emmanuel Macron et sa ministre des Outre-Mer Annick Girardin se sont montrés alarmistes quant au bilan humain à prévoir. Deux morts, au moins, sont déjà à déplorer. Les dégâts matériels sont également très importants.

Prenant la parole ce mercredi soir au sortir d'une visite à la cellule de crise interministérielle à Paris, Emmanuel Macron n'a pas caché qu'il faudrait, sous peu, tirer un bilan "dur et cruel" du passage de l'ouragan Irma dans les Antilles, notamment sur les îles Saint-Martin et Saint-Barthélémy. La ministre des Outre-mer Annick Girardin, qui part quant à elle en Guadeloupe ce mercredi soir pour mesurer la situation dans les Iles du Nord, frappées de plein fouet, a déjà évoqué les dommages matériels et tiré un premier bilan humain. Les conséquences du cataclysme s'annoncent dramatiques. 

Un bilan humain redouté mais difficile à prévoir

A l'aéroport d'Orly, sur le point de s'envoler pour la Guadeloupe, Annick Girardin a fait état de "deux morts et de deux blessés graves". Plus tôt sur RTL, elle s'était déjà montrée alarmiste, se disant "inquiète au vu des informations que j'ai sur les dégâts matériels, parce qu'on pense au pire dans ces moments-là et on se prépare au pire". "Et j'espère que le pire ne sera pas au rendez-vous", a-t-elle toutefois relevé. 

Emmanuel Macron est lui aussi apparu très grave lors de son point-presse, sans présenter de précisions sur les pertes humaines: "Il est trop tôt pour faire un bilan chiffré. Je peux d'ores et déjà vous dire que ce bilan sera dur et cruel, nous aurons à déplorer des victimes". "Et les dégâts matériels sur les deux îles sont considérables", a ajouté le président, entouré du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Emmanuel Macron a d'ailleurs annoncé un "plan national de reconstruction" le plus "rapidement possible" à Saint-Barthélémy et Saint Martin

Préfecture endommagée, toitures arrachées...des dégâts matériels très importants 

  • Pour le moment, c'est donc sur Saint-Barthélémy et Saint-Martin que l'oeil du cyclone, d'environ 50 km de diamètre, s'est attardé environ 1h30 sur la première avant d'atteindre la seconde. Sur les réseaux sociaux, des photos et vidéos laissent entrevoir l'ampleur des dégâts sur les îles, où l'électricité et les télécommunications sont coupées: bateaux transformés en petits bois dans un port, arbres étêtés par des rafales de vent, toitures envolées, voitures immergées dans les rues. 

Les deux îles ont été placées dans la nuit en alerte violette, avec confinement des populations. Plus tard ce mercredi, elles sont passées en vigilance grise, qui n'impose plus le confinement de la population mais déconseille les déplacements. "Les dégâts matériels sont déjà importants" a déclaré au préalable Annick Girardin, évoquant des toitures arrachées, notamment à la préfecture de Saint-Martin, et des inondations. La gendarmerie et les casernes de pompiers insulaires sont elles-aussi gravement touchées. L'électricité est coupée, les connexions téléphoniques interrompues. Ces black-outs sont communs aux deux îles et à Saint-Barthélémy, la centrale EDF est "inutilisable" selon un communiqué de la préfecture de la Guadeloupe. L'aéroport de Saint-martin se trouve lui aussi en très mauvais état désormais. 

Un journaliste de la radio RCI international, dans un hôtel de Marigot à Saint-Martin, a relaté sur Facebook qu'un côté de l'hôtel avait "littéralement explosé, la toiture également, j'espère que cette porte va tenir". 

Plusieurs témoignages de journalistes, comme celui de Guadeloupe 1ere, évoquent des scènes de pillages: "A cela s'ajoutent des scènes de pillages et de guérilla dans les rues. Des jeunes dévalisent les magasins sous le regard désabusé de la police. C'est un cauchemar", comme le dit une correspondante du média. 

Ecoles et administrations fermées 

Partout, écoles et administrations avaient été fermées, les populations du littoral en partie évacuées. Mais Annick Girardin a exprimé "l'inquiétude" gouvernementale après qu'environ 7.000 personnes ont refusé de se mettre "à l'abri", malgré "l'ordre" de la préfecture aux personnes habitant au plus près de la mer, dans des zones inondables ou soumises à la houle marine, de se réfugier en lieu sûr. 

Deux numéros d'informations ont été communiqués au public français. Facebook a activé la fonction "Safety Check", qui permet de se signaler en sécurité après un événement dramatique. La Croix Rouge française a lancé un appel aux dons et envoyé des renforts. 

Dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, les dégâts sont "énormes" mais "il n'est pas encore possible de s'en faire une idée", a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur des Pays-Bas Ronald Plasterk. 

Une cellule interministérielle de crise à Paris, des renforts sur place

  • Paris a activé la cellule interministérielle de crise. Une soixantaine de professionnels de la sécurité civile avaient été envoyés en renfort en amont. "Les équipes sont sur place, a précisé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Deux équipes supplémentaires vont venir du continent, une autre va venir de la Guadeloupe", où la vigilance cyclone a été levée, et qui va servir de "hub logistique". Annick Girardin part vers la Guadeloupe "avec plus de 168 forces supplémentaires, c'est-à-dire 60 militaires de la sécurité civile, 60 sapeur-pompiers d'Ile-de-France, 18 personnels de la Croix rouge, 20 médicaux qui vont être très attendus également, et une dizaine de personnes en appui logistique", comme elle l'a confié. 
Robin Verner avec AFP