BFMTV
Météo

Inondations, pics de chaleur, incendies... Un début d'été meurtrier marqué par les catastrophes naturelles

Inondations à Pepinster, le 16 juillet 2021 en Belgique

Inondations à Pepinster, le 16 juillet 2021 en Belgique - BRUNO FAHY © 2019 AFP

Des catastrophes naturelles en cascade, d'une rare intensité, ont marqué ce début d'été 2021, en Europe, en Amérique du Nord ou encore en Chine.

Le premier mois d'été boréal a été marqué par des catastrophes naturelles en cascade, dont l'ampleur et la fréquence pourraient avoir été aggravées par le réchauffement climatique, selon de nombreux climatologues.

"Il ne faut pas parler du changement climatique au futur, il est quotidien. Ses effets se mesurent sur la planète tous les jours", a ainsi expliqué Alix Roumagnac, météorologiste, mercredi soir sur BFMTV.

Antoine Rabain, expert énergie, climat et océan, également interviewé mercredi soir sur notre antenne, va dans le même sens: "Plus le réchauffement global approche, plus on va avoir ces événements extrêmes de manière intense et récurrente."

Dôme de chaleur, inondations, incendies... BFMTV.com fait le point sur les catastrophes climatiques qui ont marqué ce début d'été 2021.

· Dôme de chaleur au Canada

Fin juin, l'ouest du Canada a été pris sous un "dôme de chaleur" provoqué par de fortes pressions emprisonnant l'air chaud. Le pays a battu plusieurs fois son record absolu de température, qui s'établit finalement à 49,6°C dans le village de Lytton, le 30 juin. Les États américains de Washington et de l'Oregon ont aussi été touchés.

Le bilan humain exact n'est pas encore connu mais s'élève à au moins plusieurs centaines de morts.

Cette vague de chaleur aurait été "presque impossible" sans le réchauffement climatique causé par les humains, selon les scientifiques du World Weather Attribution, une initiative regroupant des experts de divers instituts de recherche dans le monde. Selon eux, le changement climatique a rendu cet événement au minimum 150 fois plus susceptible de se produire.

· Inondations en Europe et en Chine

Les 14 et 15 juillet, de fortes inondations ont fait au moins 209 morts en Allemagne et en Belgique, ainsi que des dizaines de disparus. Les cours d'eau sont brutalement sortis de leur lit sous l'effet de pluies diluviennes, envahissant des dizaines de zones habitées. Les crues ont causé également des dégâts au Luxembourg, aux Pays-Bas ou en Suisse.

Les précipitations ont atteint en deux jours l'équivalent de deux mois de pluies, selon l'Organisation météorologique mondiale.

"Pour le moment, on ne peut pas dire avec certitude que cet événement est lié au dérèglement climatique", mais de tels phénomènes extrêmes deviennent "plus fréquents et plus probables" à cause du réchauffement, selon Kai Schröter, hydrologue à l'Université de Postdam.

En Chine, le centre du pays est actuellement touché par des inondations, qui ont déjà fait au moins 33 morts et huit disparus depuis le 16 juillet, selon un bilan diffusé jeudi par la télévision nationale. Des précipitations record se sont abattues mardi soir sur la grande ville de Zhengzhou (centre), engloutissant une partie du métro et emportant des centaines de véhicules

· Incendies aux États-Unis

Alimentée par une sécheresse alarmante, la saison des feux ne fait que commencer dans l'ouest américain et des milliers de pompiers combattent déjà près de 80 immenses incendies. Ils avaient déjà consumé en début de semaine plus de 4700 km² de végétation.

Le plus impressionnant est le "Bootleg Fire", dans l'Oregon, qui a brûlé en deux semaines l'équivalent de la ville de Los Angeles en végétation et forêts. "L'incendie est si grand et il crée tellement d'énergie qu'il a commencé à générer son propre climat", selon Marcus Kauffman, du service de gestion des forêts de l'État. "Il créé sa propre foudre" et "s'auto-alimente".

Dans l'État voisin de Californie, plusieurs villages ont dû être évacués face à la progression des flammes du "Dixie Fire", un incendie qui pourrait avoir été provoqué par la chute d'un arbre sur des lignes électriques d'un gros fournisseur d'électricité, Pacific Gas and Electric (PG&E).

· Certains scientifiques pris au dépourvu

Les violents événements climatiques de ces dernières semaines, ont suscité l'étonnement chez les populations frappées, prenant même au dépourvu certains scientifiques.

"Les signaux d'alarme étaient là, mais j'imagine que les gens pensent que ça va arriver à quelqu'un d'autre, ailleurs, plus tard", commente Kaisa Kosonen, de Greenpeace.

"Le climat a changé plus vite qu'attendu", confirme aussi à nos confrères Tim Lenton, de l'université d'Exeter, alors que les experts climat de l'ONU s'apprêtent à publier leurs nouvelles prévisions du dérèglement climatique.

Clément Boutin Journaliste BFMTV