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Zaouïah assiégée, nouveaux bombardements sur Ras Lanouf

ZAOUÏAH ASSIÉGÉE, RAS LANOUF BOMBARDÉE

ZAOUÏAH ASSIÉGÉE, RAS LANOUF BOMBARDÉE - -

par Maria Golovnina et Michael Georgy TRIPOLI (Reuters) - Les forces loyales à Mouammar Kadhafi assiègent Zaouïah, à 50 km à l'ouest de Tripoli, et...

par Maria Golovnina et Michael Georgy

TRIPOLI (Reuters) - Les forces loyales à Mouammar Kadhafi assiègent Zaouïah, à 50 km à l'ouest de Tripoli, et ont recommencé à pilonner le port pétrolier de Ras Lanouf, dans l'Est, ont déclaré jeudi les insurgés libyens.

Les rebelles ont annoncé mercredi soir avoir repris la place centrale de Zaouïah qu'ils avaient perdue au cours de la journée lors d'une offensive des forces kadhafistes.

"Nous avons combattu jusqu'à trois heures du matin. Tout est calme ce matin", a dit par téléphone un rebelle du nom d'Ibrahim.

Mohamed, un exilé libyen qui a pu joindre jeudi matin un proche habitant la périphérie de la ville, a déclaré que la situation restait pour le moins incertaine.

"Hier, les (sympathisants des rebelles) ont essayé d'apporter de la nourriture et des médicaments de Soubratha mais ils n'ont pas réussi. Les troupes gouvernementales encerclent Zaouïah de toutes parts", a-t-il dit.

"On ne sait pas qui contrôle le centre, ça change tout le temps. Ce sont des combats de rue."

Le gouvernement libyen maintient sa version des faits selon laquelle les forces loyalistes ont chassé les rebelles du centre de Zaouïah et qu'elles fêtaient leur victoire sur des "bandes terroristes".

Les affrontements à Zaouïah ont été parmi les plus violents et les plus intenses depuis le début de la rébellion en Libye il y a trois semaines.

"C'est une question de vie ou de mort pour nous. Nous n'avons rien d'autre à faire que combattre", a déclaré un rebelle mercredi soir.

Un médecin avait indiqué auparavant qu'on voyait de nombreux morts dans les rues de la cité, y compris des personnes âgées, des femmes et des enfants. Au moins 40 personnes, mais sans doute plus, ont été tuées, a-t-il dit.

NOUVEAUX PILONNAGES DANS L'EST

Les experts militaires estiment que Kadhafi cherche à mater l'insurrection à l'Ouest pour rassembler ensuite ses forces sur le front oriental. La ville de Misrata, tenue par les rebelles à 200 km à l'est de Tripoli, serait alors la première visée.

Ses habitants n'ont signalé aucun combat ces derniers jours.

"Les forces de Kadhafi sont autour de la ville. Ils ont subi une lourde défaite à Misrata. Mais ils ont des armes lourdes", a déclaré un insurgé. "Nous sommes prêts à nous défendre."

Dans l'Est, les forces loyalistes ont lancé de nouveaux bombardements sur le port pétrolier de Ras Lanouf.

Des bombes ou des missiles ont explosé à quelques kilomètres de la raffinerie et près d'un bâtiment d'une compagnie pétrolière, a témoigné un journaliste de Reuters, qui a aperçu un avion de combat survoler le secteur.

Des rebelles affirment que des navires de la marine libyenne ont attaqué leurs positions sur la ligne de front et les insurgés ont tiré des roquettes en direction de la mer.

"Nous sommes entrés à Bin Djaouad mais des navires nous ont tiré dessus, alors nous nous sommes retirés", a déclaré un rebelle, Adel Yahya, mercredi soir.

Un colonel des forces insurgées n'a pas pu confirmer ces tirs en provenance de la mer.

Les insurgés, aux portes de Bin Djaouad, une bourgade située entre Ras Lanouf et Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, sont également positionnés près du complexe pétrolier de Sidra, à 550 km à l'est de Tripoli, qui a été touché dans les combats mercredi.

Le Dr. Gebril Heouadi, membre de la commission de gestion médicale à Benghazi, a indiqué à Reuters TV qu'au moins 400 personnes avaient été tuées dans l'est de la Libye depuis le soulèvement du 17 février.

Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser