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Washington "préoccupé" par l'arrestation du responsable d'Amnesty en Turquie

Des drapeaux turcs lors d'une manifestation de l'opposition, le 24 juillet 2016 à Istanbul

Des drapeaux turcs lors d'une manifestation de l'opposition, le 24 juillet 2016 à Istanbul - GURCAN OZTURK, AFP/Archives

Washington s'est offusqué, après l'arrestation du responsable d'Amnesty International en Turquie, appelant les autorités turques à respecter les procédures judiciaires. Mercredi, Taner Kiliç président du directoire de la branche locale d'Amnesty, avait été arrêté, soupçonné de lien avec Fethullah Gülen.

Les Etats-Unis ont exhorté mercredi la Turquie à respecter les procédures judiciaires après l'arrestation la veille du responsable d'Amnesty International en Turquie. Washington est "extrêmement préoccupé" par l'arrestation de Taner Kiliç, président du directoire de la branche turque d'Amnesty, a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert.

Dans un communiqué, cette dernière estime que Taner Kiliç n'est "que le dernier d'une série de défenseurs des droits de l'homme, journalistes, d'universitaires et de militants arrêtés en Turquie".

"Nous suivons de près ces cas et soulignons l'importance de respecter les procédures établies et les droits inscrits dans la constitution turque et conformes aux propres engagements internationaux de la Turquie. Les arrestations d'individus tels que Taner Kiliç nuisent au débat public et sapent la qualité de la démocratie", poursuit le communiqué.

Arrestation "arbitraire"

L'avocat Taner Kiliç a été interpellé à Izmir avec 22 confrères soupçonnés comme lui, selon l'ONG, de liens avec la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué en juillet dernier.

Amnesty International a appelé à la libération immédiate des détenus, et à l'abandon des poursuites "en l'absence de preuves crédibles", estimant que cette arrestation démontrait le caractère "arbitraire" des purges lancées après la tentative de putsch du 15 juillet.

L'ONG indique dans son communiqué que l'interpellation de Taner Kiliç, qui dirige Amnesty en Turquie depuis 2014, "ne semble pas liée aux activités d'Amnesty International".

"Tendance inquiétante"

Environ 50.000 personnes ont été arrêtées après le putsch avorté de juillet, et plus de 100.000 limogées ou suspendues, notamment des militaires, des magistrats et des enseignants, partisans présumés de Fethullah Gülen ou membre de la mouvance prokurde.

Dans son communiqué, le département d'Etat estime que les 23 dernières arrestations, "souvent soutenues par peu de preuves" et dont le processus manque de "transparence" dénotent d'une "tendance inquiétante".

"Comme nous l'avons dit au gouvernement turc en de nombreuses occasions, les restrictions persistantes à la liberté d'expression et aux autres libertés sapent les fondations de la société démocratique", écrit Heather Nauert.

G.D. avec AFP