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Violents heurts près de Bangkok, un soldat présumé mort

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Des affrontements violents ont éclaté dans la banlieue nord de Bangkok entre l'armée thaïlandaise et les opposants au gouvernement...

par Adrees Latif

BANGKOK (Reuters) - Des affrontements violents ont éclaté dans la banlieue nord de Bangkok entre l'armée thaïlandaise et les opposants au gouvernement qui effectuaient une "manifestation itinérante".

Un soldat a été touché par balle à la tête et semble avoir succombé à ses blessures, selon un photographe de Reuters. Une dizaine de personnes ont également été blessées, rapportent des responsables hospitaliers.

Les soldats ont effectué des tirs de sommation à l'arme automatique pour bloquer un convoi de quelque 2.000 "chemises rouges", partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, qui avaient quitté plus tôt leurs campements du centre de la capitale.

Plusieurs kilomètres en amont du cortège principal, une centaine de manifestants se sont violemment heurtés aux forces de sécurité, qui ont fait usage de balles en caoutchouc, de leurs matraques et de boucliers pour les disperser.

Les protestataires ont riposté avec des pierres et des billes en métal, rapportent des témoins.

Les affrontements ont cessé lorsqu'une pluie tropicale s'est abattue sur les lieux, à une quarantaine de kilomètres du centre de la capitale, sur la route Vipavadee-Rangsit.

Les manifestants qui, dans un premier temps, n'ont pas été arrêtés par les forces de l'ordre entendaient se rendre sur un marché situé à une cinquantaine de kilomètres de Bangkok. Des milliers d'autres sont restés dans le centre commercial de la capitale qu'ils occupent sans discontinuer depuis le 3 avril.

MOUVEMENTS DE TROUPES À BANGKOK

Ces incidents violents sont les derniers en date d'une crise politique qui a paralysé Bangkok et déjà fait 26 morts et plus de 800 blessés depuis sept semaines.

Des mouvements de troupes ont été signalés dans plusieurs quartiers du centre de Bangkok mardi soir et un porte-parole de l'armée a précisé qu'il s'agissait d'un "entraînement" en vue d'une éventuelle dispersion des manifestants.

"Nous maintenons des barrages dans plusieurs endroits afin de contrôler la présence d'armes et de prévenir le rassemblement de nouvelles personnes", a dit le porte-parole.

Les espoirs de voir émerger une solution négociée à ce conflit ont été douchés ce week-end par le refus du Premier ministre Abhisit Vejjajiva d'organiser des élections anticipées dans les trois mois comme le demandait l'opposition.

Le vice-Premier ministre, Suthep Thuangsuban, a déclaré mardi que le temps de l'indulgence était révolu à l'égard des manifestants, mettant en garde contre une "intensification" des opérations de la part des autorités.

Le chef du gouvernement a, pour sa part, assuré qu'il n'était pas question pour le moment que l'armée impose la loi martiale. "D'après mes discussions avec les autorités militaires responsables, il n'existe pas de projet de décréter la loi martiale à l'heure actuelle", a-t-il dit sur la BBC.

Les autorités ont laissé entendre que les "chemises rouges" pourraient avoir l'objectif de faire de la Thaïlande une république, alors que la monarchie y est une institution quasi sacrée. Les opposants démentent une telle intention.

Ajoutant à la confusion, le groupe rival des "chemises jaunes", favorable au gouvernement, a annoncé que si les autorités n'agissaient pas pour chasser les "chemises rouges", il s'en chargerait.

En 2008, les "chemises jaunes" avaient assiégé trois mois durant le siège du gouvernement de Thaksin et paralysé pendant huit jours les aéroports de la capitale.

Pierre Sérisier et Clément Dossin pour le service français