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Violences contre des casques bleus à Haïti sur fond de choléra

VIOLENCES CONTRE DES CASQUES BLEUS À HAÏTI SUR FOND DE CHOLÉRA

VIOLENCES CONTRE DES CASQUES BLEUS À HAÏTI SUR FOND DE CHOLÉRA - -

par Joseph Guyler Delva PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Des émeutes ont éclaté lundi à Haïti où des manifestants ont attaqué des casques bleus des Nations...

par Joseph Guyler Delva

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Des émeutes ont éclaté lundi à Haïti où des manifestants ont attaqué des casques bleus des Nations unies désignés par la rumeur comme étant à l'origine de l'épidémie de choléra qui ravage actuellement le pays.

Un manifestant a été tué par balles et six casques bleus de l'Onu ont été blessés.

La Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) a été contrainte de démentir des rumeurs généralisées selon lesquelles la maladie aurait été introduite sur l'île par des casques bleus asiatiques.

La mission de l'Onu a affirmé que ces violences à Cap-Haïtien, deuxième ville de l'île caraïbe située sur la côte Nord, et à Hinche avaient été provoquées par des agitateurs politiques qui tentent de déstabiliser le pays avant les élections présidentielle et législatives du 28 novembre.

A Cap-Haïtien, où un commissariat de police a été incendié, des casques bleus de la Minustah ont essuyé des coups de feu et un manifestant a été tué par un casque bleu en état de légitime défense, selon un communiqué de la mission de l'Onu.

A Hinche, dans le centre, des casques bleus népalais ont été accueillis par des jets de pierres et des manifestants leur demandant de quitter le pays. La rumeur désigne les Népalais de la Minustah d'avoir introduit la bactérie du choléra en Haïti.

L'épidémie de choléra, qui a éclaté en octobre dans le centre à la suite de pluies diluviennes, a fait plus de 900 morts et a gagné la capitale, Port-au-Prince, où vivent dans des conditions précaires des milliers de rescapés du tremblement de terre du 12 janvier.

Les experts américains du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estiment que la souche responsable de l'épidémie haïtienne est liée à une souche d'Asie du Sud mais n'ont pas isolé la source de la maladie ni désigné les casques bleus népalais.

Les 12.000 casques bleus déployés en Haïti sont chargés d'assurer notamment la sécurité des élections présidentielle et législatives du 28 novembre.

Les Nations unies et le gouvernement haïtien ont jusqu'ici insisté pour que ces consultations aient lieu comme prévu malgré l'épidémie de choléra.

Dans un communiqué, la Minustah "exhorte la population de rester vigilante et de ne pas se laisser manipulée par les ennemis de la stabilité et de la démocratie dans le pays".

Version française Jean-Loup Fiévet et Henri-Pierre André