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Venezuela: files d'attente pour soutenir le référendum anti-Maduro

Des Vénézuéliens font la queue devant un centre électoral de Caracas, le 20 juin 2016.

Des Vénézuéliens font la queue devant un centre électoral de Caracas, le 20 juin 2016. - Federico Parra - AFP

Des milliers de Vénézuéliens se sont rendus lundi dans les centres électoraux pour confirmer leur volonté d'un référendum pour révoquer le président Nicolas Maduro, une étape cruciale pour l'opposition qui veut organiser cette consultation en 2016. Habitués à patienter des heures face aux supermarchés, les habitants formaient cette fois des files d'attente pour une toute autre cause: obtenir le départ anticipé du dirigeant socialiste, élu en 2013 jusqu'en 2019.

"Nous voulons un autre pays, un qui soit joli", confiait à l'AFP Armanda Zerpa, 59 ans, venue à Caracas, dans l'un des 128 points de validation habilités par le Conseil national électoral (CNE), afin d'y apposer son empreinte digitale et valider ainsi sa signature pro-référendum. Appuyée sur une canne, cette commerçante a subi un accident cardio-vasculaire il y a sept mois et vit au quotidien l'extrême difficulté de trouver des médicaments, dans ce pays quasi-ruiné. L'équipe de Nicolas Maduro "ne nous gouverne pas bien, ils ne dirigent pas bien le pays", soupire-t-elle.

Pour passer à la prochaine phase de ce long processus, il faudra d'ici vendredi au moins 200.000 empreintes (sur les 1,3 million de signatures validées par les autorités électorales), que le CNE vérifiera une nouvelle fois d'ici le 23 juillet. Le temps presse pour l'opposition de centre droit, majoritaire au Parlement et déterminée à provoquer le départ anticipé du socialiste Nicolas Maduro : si le référendum a lieu d'ici le 10 janvier 2017, il pourra provoquer de nouvelles élections. Au-delà, le changement serait minime car le chef de l'Etat ne serait que remplacé par son vice-président.

Le temps presse aussi pour la population, excédée par la violente crise économique : sept habitants sur dix souhaitent le départ immédiat du président. Le pays sud-américain de 30 millions d'habitants, qui avait tout misé sur le pétrole - sa principale ressource -, s'est effondré depuis que les cours sont au plus bas. Les rayons des magasins sont presque vides, les coupures d'électricité sont récurrentes, de nombreuses entreprises sont à l'arrêt. Lassés de cette situation, les Vénézuéliens expriment leur colère à travers des émeutes ou des pillages.

V.R. avec AFP