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Vague républicaine au Congrès américain, Barack Obama prend acte

Les électeurs américains ont balayé la majorité démocrate à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat et gonflé les rangs républicains au Sénat, qui reste cependant sous contrôle démocrate. Le président Barack Obama a d'abord vu dans ce

Les électeurs américains ont balayé la majorité démocrate à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat et gonflé les rangs républicains au Sénat, qui reste cependant sous contrôle démocrate. Le président Barack Obama a d'abord vu dans ce - -

par John Whitesides WASHINGTON (Reuters) - Les électeurs américains ont balayé la majorité démocrate à la Chambre des représentants lors des...

par John Whitesides

WASHINGTON (Reuters) - Les électeurs américains ont balayé la majorité démocrate à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat et gonflé les rangs républicains au Sénat, qui reste cependant sous contrôle démocrate.

Deux ans après l'élection triomphale de Barack Obama, l'angoisse de nombre d'Américains face à la crise économique et le mécontentement croissant envers les élites de Washington ont abouti à une déroute électorale pour le président démocrate qui risque de remettre en cause son calendrier législatif.

Grisés par leur large victoire, les républicains ont déjà promis de revenir sur les principaux acquis des deux premières années de mandat de Barack Obama.

Mais le président américain a d'abord vu dans ces résultats la nécessité de travailler davantage à un consensus bipartisan et, fort de son droit de veto, il a tracé les lignes qu'il ne souhaitait pas voir franchir par ses adversaires.

S'exprimant devant les journalistes à la Maison blanche, Barack Obama, ton sombre et mine abattue, n'a pas hésité à parler de "la raclée" subie par son camp et souligné la frustration des Américains qui réclament des solutions face à un chômage frôlant les 10% de la population active.

Il a toutefois reconnu qu'il serait difficile de trouver un terrain d'entente, campant sur sa volonté de préserver sa réforme de la santé, hormis quelques "retouches", de ne pas réduire les dépenses d'éducation et de recherche ou de ne pas prolonger les baisses d'impôts pour les ménages les plus aisés.

"Je ne dis pas que cela sera facile. Je ne prétends pas que nous parviendrons à aplanir toutes les divergences et à résoudre tous les désaccords", a souligné Obama.

"CHANGER DE CAP"

Les républicains ont pris au moins 60 sièges aux démocrates à la Chambre des représentants. Il s'agit du plus important transfert de sièges depuis 1948, quand les démocrates en avaient gagné 75. Le parti de l'éléphant n'avait pas eu de majorité aussi large à la Chambre depuis 1928.

Les leaders républicains, le représentant John Boehner et le sénateur Mitch McConnell, en ont tiré la conclusion que le peuple américain leur avait donné mandat pour revenir sur les grandes réformes - santé, finances - adoptées depuis 2008.

John Boehner a d'ores et déjà averti que la priorité du nouveau Congrès, qui prendra ses fonctions en janvier 2011, devra être une réduction du poids de l'Etat fédéral.

"Nous sommes résolus à bloquer le programme que les Américains ont rejeté et à changer de cap", a déclaré McConnell. "Nous travaillerons avec le gouvernement quand il sera d'accord et l'affronterons quand il ne le sera pas", a-t-il prévenu.

Face à cela, les démocrates pourront toutefois opposer leur majorité sénatoriale, préservée de quelques sièges. Si tous les résultats du scrutin ne sont pas encore connus, les démocrates ont en effet survécu à la marée républicaine à la chambre haute.

Le Parti républicain avait fait du Nevada l'un de ses objectifs prioritaires. Mais Harry Reid, chef de file du groupe démocrate au Sénat, a fait échec à Sharron Angle, du Tea Party, au terme d'une campagne acharnée.

En attendant l'issue du scrutin dans l'Etat de Washington, six sièges de sénateur ont basculé dans le camp républicain, dont l'Illinois, hautement symbolique puisque ancien fief d'Obama.

LE POIDS DU TEA PARTY

A Wall Street, les marchés d'actions ont terminé en hausse mardi, soutenus par les secteurs qui pourraient bénéficier d'une victoire républicaine, à commencer par les valeurs liées au secteur de la santé.

Les craintes engendrées par une économie mal en point, un chômage flirtant avec les 10% et le mécontentement face à la politique menée par l'administration Obama auguraient d'une victoire des républicains, qui se confirme aussi dans les scrutins renouvelant 37 gouverneurs. Les républicains sont assurés de gagner dix postes de gouverneur.

La montée en puissance du mouvement ultraconservateur du Tea Party a également joué contre Obama et les démocrates. En quelques mois, cette mouvance apparue à la marge du Parti républicain a profondément changé la donne politique.

Avec Marco Rubio en Floride et Rand Paul dans le Kentucky, le mouvement a décroché ses premiers sièges au Sénat, laissant augurer d'un virage conservateur. Christine O'Donnell, autre figure de proue du Tea Party, a été, elle, sèchement battue dans le Delaware.

Vecteur du mécontentement à l'égard de l'establishment de Washington, le Tea Party prône moins de dépenses publiques, une réduction drastique de la dette et un rôle plus modeste pour le gouvernement fédéral.

Avec la rédaction de Washington, Pierre Sérisier, Henri-Pierre André, Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français