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Vague bleue à la Chambre, résistance démocrate au Sénat

Les électeurs américains ont balayé mardi soir la majorité démocrate à la Chambre des représentants et gonflé les rangs républicains au Sénat, qui reste cependant sous contrôle démocrate. /Photo prise le 2 novembre 2010/REUTERS/Jonathan Ernst

Les électeurs américains ont balayé mardi soir la majorité démocrate à la Chambre des représentants et gonflé les rangs républicains au Sénat, qui reste cependant sous contrôle démocrate. /Photo prise le 2 novembre 2010/REUTERS/Jonathan Ernst - -

Les électeurs américains ont balayé mardi soir la majorité démocrate à la Chambre des représentants et gonflé les rangs républicains au Sénat, qui reste cependant sous contrôle démocrate.

Deux ans seulement après l'élection triomphale de Barack Obama, l'angoisse des électeurs face à la crise économique et le mécontentement croissant à l'égard des élites de Washington ont abouti à une déroute électorale pour le président démocrate qui pourrait remettre en cause son calendrier législatif.

Selon les chaînes de télévision, la victoire du Grand Old Party à la Chambre basse du Congrès est désormais une certitude. La projection de MSNBC donne 241 sièges au final pour les républicains, quand la majorité est à 218 élus. Dans l'assemblée sortante, les démocrates comptaient 255 sièges et les républicains 178 (deux autres étaient vacants).

Si la projection de MSNBC est avérée, les républicains auront gagné 63 sièges d'une élection à l'autre. Il faut remonter à la vague républicaine de 1994, au milieu du premier mandat de Bill Clinton, pour retrouver trace d'une telle percée: le Grand Old Party avait alors conquis 54 sièges.

"Nous nous mettrons tout de suite au travail pour réduire le déficit en coupant dans les dépenses fédérales l'année prochaine afin de les ramener aux niveaux de 2008", a promis dans la soirée le républicain Eric Cantor, qui sera sans doute le chef du groupe majoritaire à la Chambre. Il a également réaffirmé la volonté revenir sur la très controversée réforme de la santé.

Les démocrates tiennent en Californie

Au Sénat, en revanche, l'élection du démocrate Joe Manchin en Virginie occidentale a apporté un peu de soulagement au parti de Barack Obama. La Virginie occidentale était l'un des Etats jugés cruciaux pour la bataille pour le contrôle du Sénat.

Dans la nuit, la Maison blanche prenait connaissance d'une autre nouvelle positive avec la réélection de Barbara Boxer en Californie. La sénatrice démocrate était défiée par Carly Fiorina, ex-PDG de la firme informatique Hewlett-Packard.

En remportant son quatrième mandat à la haute assemblée, Barbara Boxer permet au Parti démocrate d'y conserver une majorité, même réduite.

N'empêche, la prise de contrôle de la Chambre des représentants par les républicains se traduira par une situation de blocage législatif, une réduction de la marge de manoeuvre d'Obama et un durcissement du combat politique sur les questions de la baisse des impôts, de la lutte contre les changements climatiques ou encore de l'immigration.

Les républicains ont déjà présenté un calendrier pour la réduction des dépenses, la baisse du déficit et la remise en cause de certains pans de la réforme du système de santé votée de haute lutte. Face à cela, Obama dispose de son droit de véto.

"Cette moisson de républicains nouvellement élus à la Chambre et au Sénat va considérer que sa mission n'est pas de parvenir à des compromis et des accords avec le président Obama mais au contraire de détruire ce qui reste de son programme politique et de défaire la réforme de la santé et des services financiers", prédit Ethan Siegal, analyste du Washington Exchange, une société de conseil en politique publique.

A Wall Street, les marchés d'actions ont terminé en hausse mardi, soutenus par les secteurs qui pourraient bénéficier d'une victoire républicaine, à commencer par les valeurs liées au secteur de la santé.

Contexte économique et rejet de l'establishment

Les craintes engendrées par une économie mal en point, un chômage flirtant avec les 10% et le mécontentement face à la politique menée par l'administration Obama auguraient d'une victoire des républicains, qui se confirme aussi dans les scrutins renouvelant 37 gouverneurs.

La montée en puissance du mouvement ultraconservateur du Tea Party a également joué contre Obama et les démocrates. En quelques mois, cette mouvance apparue à la marge du Parti conservateur a profondément changé la donne politique.

Avec Marco Rubio en Floride et Rand Paul dans le Kentucky, le mouvement a décroché ses premiers sièges au Sénat, laissant augurer d'un virage conservateur. Christine O'Donnell, autre figure de proue du Tea Party, a été elle sèchement battue dans le Delaware. "Nous sommes venus récupérer notre gouvernement", a lancé le nouveau sénateur du Kentucky.

Vecteur du mécontentement à l'égard de l'establishment de Washington, le Tea Party prône moins de dépenses publiques, une réduction drastique de la dette et un rôle plus modeste pour le gouvernement fédéral.

Porté par une immense vague d'espoir, Barack Obama avait largement remporté la présidentielle en novembre 2008. Les électeurs américains voyaient en lui l'homme capable de sortir les Etats-Unis d'une profonde crise économique, de réduire un taux de chômage demeurant élevé et de combler un déficit budgétaire abyssal.

Deux ans plus tard, de nombreux électeurs se sont retournés contre le président, qui devrait tracer les premières perspectives post-électorales lors d'une conférence de presse prévue mercredi à 13h00.