BFMTV

Une statue controversée vandalisée à Lisbonne

Statue de José Antonio Vieira dans le Bairro Alto, Lisbonne

Statue de José Antonio Vieira dans le Bairro Alto, Lisbonne - Wikimedia

Après des attaques de symboles du passé colonial dans plusieurs pays notamment en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou en Belgique, c'est à Lisbonne qu'une nouvelle statue controversée à été vandalisée.

Une statue d'un missionnaire catholique portugais du XVIIème siècle, qui participa à la conversion d'indigènes du Brésil pendant la période coloniale, a été vandalisée à Lisbonne. Elle met en scène ce prêtre entouré de trois enfants amérindiens du Brésil, une ancienne colonie portugaise. Elle a été aspergée jeudi soir de peinture rouge, et le socle barré de l'inscription "Décolonise!".

Cette incident survient après l'attaque ces derniers jours de symboles du passé colonial dans plusieurs pays. Notamment une statue représentant un marchand d'esclave, Edward Colston, à Bristol en Grande-Bretagne, Christophe Colomb aux États-Unis ou encore Léopold II en Belgique. Ces réactions suivent le mouvement antiraciste relancé aux États-Unis par la mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc. 

La statue visée à Lisbonne avait été inaugurée en 2017 pour rendre hommage à ce penseur portugais. Elle est dressée devant l'église Sao Roque, à quelques mètres du quartier du Bairro Alto. 

Un personnage controversé

José Antonio Vieira était un prêtre jésuite, prédicateur et écrivain. Auteur de plus de deux cents sermons, il est considéré comme l'une des grands auteurs de la littérature portugaise du XVIIème siècle. Il a participé à la conversion d'indigènes du Brésil pendant la période coloniale. 

Un groupe de citoyens s'était déjà opposé à cette inauguration puisqu'il accusait Antonio Vieira d'être un "esclavagiste sélectif" car il n'avait pas condamné l'esclavage des peuples africains. 

"Nettoyage": meilleure réponse d'après la municipalité

Les équipes de la municipalité ont aussitôt nettoyé ces inscriptions et la police a annoncé l'ouverture d'une enquête pour retrouver les auteurs de ces actes. 

"La meilleure réponse aux actes de vandalisme c'est le nettoyage", a estimé le maire de Lisbonne Fernando Medina sur son compte Twitter, tandis que la municipalité a qualifié d'"inadmissibles" les "actes de vandalisme visant le patrimoine collectif".
R.B., avec AFP