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Une équipe de CNN arrêtée en direct pendant les émeutes à Minneapolis

La chaîne a fait savoir à la mi-journée que son équipe avait finalement été relâchée.

Une équipe de la chaîne américaine d'informations en continu CNN a été arrêtée par la police vendredi matin alors qu'elle couvrait en direct à Minneapolis la troisième nuit de violences consécutives à la mort d'un homme noir lors d'une interpellation musclée.

La scène a été retransmise en direct, peu après 5 heures heure locale (10 heures GMT), selon le bandeau de la chaîne.

On y voit le journaliste, Omar Jimenez, faire face à des policiers en tenue anti-émeutes.

"Nous pouvons reculer où vous voulez. Nous sommes en direct. Remettez-nous où vous le souhaitez", dit-il calmement derrière son masque.

La caméra continue à tourner lorsque deux policiers se saisissent de son micro pour lui passer des menottes. 

"Pourquoi suis-je en état d'arrestation?", demande le journaliste noir avant que ses collègues soient à leur tour appréhendés et la caméra saisie.

CNN dénonce une violation du premier amendement

"Un journaliste de CNN et son équipe de production ont été arrêtés ce matin à Minneapolis en faisant leur travail, malgré s'être identifiés - une violation manifeste du premier amendement" de la Constitution américaine garantissant la liberté de la presse, a dénoncé CNN dans un communiqué, appelant les autorités à la libération immédiate de ses employés.

La chaîne a fait savoir peu après 11h30 GMT que son équipe avait finalement été relâchée.

Peu avant 16 heures, Oscar Jimenez a publié une photo de lui sur Twitter, micro à la main: "And we're back" (Et nous sommes de retour, NDLR), écrit-il.

Dans direct web, CNN indique que l'un des reporters interpellés au côté d'Oscar Jimenez, Josh Campbell, qui est blanc, dit avoir été "traité très différemment" par la police:

"J'ai été traité très différemment (d'Oscar Jimenez). Je suis assis là, en train de parler à la Garde nationale, de parler à la police. Ils demandent poliment d'aller ci et là. A deux reprises je me suis rapprochée davantage qu'ils ne l'auraient voulu, ils m'ont demandé poliment de reculer. Ils n'ont pas sorti les menottes. C'est très différent de ce qu'a vécu Omar", confie le reporter.
C.M. avec AFP