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Un premier groupe d'ex-détenus politiques a quitté Cuba

De gauche à droite, Omar Ruiz, Ricardo Gonzalez et Jose Luis Garcia, trois des six prisonniers politiques libérés par Cuba, lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Madrid. Un premier groupe de six prisonniers politiques est arrivé en Espagne dans

De gauche à droite, Omar Ruiz, Ricardo Gonzalez et Jose Luis Garcia, trois des six prisonniers politiques libérés par Cuba, lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Madrid. Un premier groupe de six prisonniers politiques est arrivé en Espagne dans - -

par Nelson Acosta LA HAVANE (Reuters) - Un premier groupe de six prisonniers politiques a quitté Cuba lundi à destination de l'Espagne dans le cadre...

par Nelson Acosta

LA HAVANE (Reuters) - Un premier groupe de six prisonniers politiques a quitté Cuba lundi à destination de l'Espagne dans le cadre d'un accord de libération graduelle de 52 dissidents négocié entre le gouvernement et l'Eglise catholique.

L'un des six ex-détenus, Jose Luis Garcia Paneque, a annoncé la nouvelle par téléphone à Reuters alors qu'il se trouvait à bord d'un avion de la compagnie Air Europa au décollage à La Havane. Il a ajouté qu'un deuxième groupe de cinq ex-prisonniers devaient quitter l'île plus tard lundi.

Les anciens prisonniers sont accompagnés dans leur exil de membres de leurs familles. Tous ont été tenus à l'écart de la presse à l'aéroport de La Havane.

Leur départ constitue la première étape de la plus importante libération de dissidents à Cuba depuis 1998, quand 101 prisonniers politiques avaient été graciés à l'occasion de la venue du pape Jean Paul II dans l'île communiste.

"C'est le résultat d'un très long combat, qui a impliqué le sacrifice d'un homme et le martyre d'autres", a dit Jose Luis Garcia Paneque, évoquant la mort en détention d'Orlando Zapata Tamayo, dont la grève de la faim a connu une issue mortelle en février dernier.

"Vous pouvez imaginer ce que ressent un homme qui vient de passer sept ans en prison, dont 17 mois l'isolement", a ajouté l'ex-dissident, qui est âgé de 24 ans.

L'annonce de ces libérations graduelles, mercredi dernier, a été précédée d'une rencontre entre le président cubain Raul Castro et le cardinal Jaime Ortega, le 19 mai dernier. En visite à La Havane la semaine dernière, le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, a accepté que les prisonniers gagnent l'Espagne s'ils souhaitent quitter l'île.

Cet accord a été salué par la communauté internationale. Aux Etats-Unis, la secrétaire américaine d'Etat, Hillary Clinton, l'a qualifié de "signe positif et bienvenu".

LIBÉRÉS D'ICI OCTOBRE

Selon la Commission cubaine indépendante pour les droits de l'homme, l'île comptait à la fin du premier semestre 167 prisonniers politiques, le chiffre le plus bas depuis la révolution de 1959.

Lundi, l'Eglise cubaine a indiqué que 20 des 52 dissidents concernés par cette libération avaient accepté l'exil en Espagne.

Le gouvernement de Raul Castro n'a pas fourni les raisons de son accord, mais, en proie à une crise financière profonde, il est probable que Cuba tente de restaurer son image internationale troublée par la mort, le 23 février, du dissident Orlando Zapata Tamayo après 85 jours de grève de la faim. Le prisonnier réclamait une amélioration de ses conditions de détention.

Un autre dissident, Guillermo Farinas, a cessé de s'alimenter à son tour, au lendemain de la mort de Tamayo. Hospitalisé de force et alimenté par intraveineuse, il a frôlé la mort avant de stopper son mouvement de protestation après l'annonce de l'accord négocié avec le clergé.

La Havane s'est également exposée aux critiques en harcelant les "Dames en blanc", association d'épouses et de proches de dissidents. Garcia Paneque leur a rendu hommage. "Les Dames en blanc ont accompli un travail phénoménal", a-t-il dit.

Les 52 prisonniers qui doivent tous être libérés d'ici octobre purgeaient des peines de 13 à 24 ans de prison pour activités subversives. Ceux qui partiront pour l'Espagne seront pris en charge par la Commission d'aide aux réfugiés (CEAR) et la Croix-Rouge.

avec Rosa Tania Valdes, Henri-Pierre André pour le service français