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Un homme prend connaissance de l'actualité de ces derniers mois après 75 jours de retraite silencieuse

Un homme pratiquant la méditation à Athènes, en Grèce, le 7 septembre 2017 (illustration).

Un homme pratiquant la méditation à Athènes, en Grèce, le 7 septembre 2017 (illustration). - LUDOVIC MARIN / AFP

Distanciation physique, confinement, hospitalisation de Boris Johnson... Un homme a découvert fin mai l'ampleur de la crise du coronavirus, à retardement.

"Je suis de retour après 75 jours en silence. Est-ce que j'ai manqué quelque chose?" Le 23 mai dernier, Daniel Thorson publiait ces mots sur Twitter. Près de deux mois d'absence passés à effectuer une retraite silencieuse dans le Vermont, aux Etats-Unis, où se trouve une communauté de moines bouddhistes, relate le New York Times.

Deux mois durant lesquels la crise du coronavirus a éclaté, et de nombreux pays se sont barricadés, décrétant le confinement de la population pour endiguer la propagation du virus et freiner ainsi la contamination. Selon le décompte réalisé par l'AFP, 404.245 personnes sont mortes du Covid-19 dans le monde depuis l'apparition du virus en Chine.

Un "traumatisme collectif" qu'il n'a pas éprouvé

En sortant de sa retraite silencieuse, Daniel Thorson a ainsi dû rattraper très rapidement les informations, telles que l'hospitalisation pour cause de Covid-19 du Premier ministre britannique Boris Johnson et sa guérison ou, plus personnel, l'existence du nouvel amour de son cousin, rencontré via une plateforme de rencontres à distance.

"Pendant que je faisais ma retraite, il y a eu une expérience de traumatisme collectif que je n'ai pas éprouvé", explique-t-il au New York Times, "dans quelle mesure dois-je le reconstituer?" 

Il raconte qu'avant de sortir de sa retraite, il s'est demandé ce qui se passait dans le reste du monde. "Comment va l'humanité?" s'est-il interrogé, racontant avoir été dans un premier temps rassuré en voyant une scène familière montrant des personnes vêtues comme à l'accoutumée dans une station service du Vermont.

"Je me sens comme une curiosité"

C'est en se rendant dans un supermarché que le trentenaire a réalisé que quelque chose le dépassait, en ressentant l'anxiété des gens notamment vis-à-vis de lui, comme il n'avait pas conscience de l'impératif de distanciation physique.

A ce jour, Daniel Thorson ne sait toujours pas bien quel comportement adopter: "Je me sens comme une bizarrerie, je me sens comme une curiosité", confesse le jeune homme au journal américain. "Je ne sais pas ce qu'ils attendent que je dise."
Clarisse Martin