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Un attentat suicide contre l'armée fait 57 morts à Bagdad

Un attentat suicide contre un bureau de recrutement de l'armée irakienne a fait au moins 57 morts et 123 blessés mardi dans un centre de recrutement de l'armée de Bagdad, à deux semaines de la fin des missions de combat de l'US Army en Irak. /Photo prise

Un attentat suicide contre un bureau de recrutement de l'armée irakienne a fait au moins 57 morts et 123 blessés mardi dans un centre de recrutement de l'armée de Bagdad, à deux semaines de la fin des missions de combat de l'US Army en Irak. /Photo prise - -

par Waleed Ibrahim et Ahmed Rasheed BAGDAD (Reuters) - Un attentat suicide contre un bureau de recrutement de l'armée irakienne a fait au moins 57...

par Waleed Ibrahim et Ahmed Rasheed

BAGDAD (Reuters) - Un attentat suicide contre un bureau de recrutement de l'armée irakienne a fait au moins 57 morts et 123 blessés mardi dans un centre de recrutement de l'armée de Bagdad, à deux semaines de la fin des missions de combat de l'US Army en Irak, a annoncé le service de presse du ministère de la Santé.

Le bilan pourrait atteindre 61 morts, dit-on de source proche du ministère de la Défense.

Cette attaque, l'une des plus meurtrières à Bagdad depuis le début de l'année, coïncide avec le lancement d'une série d'attentats contre des juges dans la capitale irakienne et dans la province de Diyala, au nord de Bagdad.

Le kamikaze a fait exploser sa charge mardi devant le centre de recrutement de la place Maïdan, installé dans ce qui était le ministère de la Défense du temps de Saddam Hussein, avant l'invasion de 2003.

Selon une source militaire, il y avait peut-être deux kamikazes, une méthode habituellement utilisée par les islamistes sunnites d'Al Qaïda et leurs affiliés.

Les recrues étaient très nombreuses, environ 250, sur la place au moment de l'explosion, a rapporté un témoin.

"Nous faisions la queue, nous les jeunes recrues, et il y avait aussi avec nous des officiers et des policiers. Soudain il y a eu l'explosion. Grâce à Dieu, je n'ai été blessé qu'à la main", a dit à Reuters Television l'une des victimes soignée à l'hôpital Al Karkh.

LE SYSTÈME JUDICIAIRE PRIS POUR CIBLE

Par ailleurs, à Bagdad et dans la province de Diyala, huit juges ont été la cible d'attentats à la bombe ou de tirs à l'aide d'armes munies de silencieux. Deux d'entre eux ont été tués, dit-on de source proche du ministère de la Justice.

"Ces attaques sont bien orchestrées. Ils prennent pour cible tout le système judiciaire du pays", a dit cette source.

Les tensions et l'incertitude politiques persistent en Irak où les deux principaux partis n'ont pas réussi à s'entendre sur la mise en place d'un nouveau gouvernement cinq mois après les élections législatives du 7 mars qui n'ont pas dégagé de net vainqueur.

L'augmentation des attaques et attentats meurtriers observée ces dernières semaines fait craindre que les insurgés ne profitent de ce vide politique pour relancer les antagonismes intercommunautaires.

L'armée américaine compte réduire ses effectifs en Irak à 50.000 hommes d'ici la fin du mois. Officiellement, les militaires américains joueront un rôle consultatif auprès des forces de sécurité irakiennes.

Des statistiques du gouvernement irakien publiées au début du mois montrent que le nombre de civils tués par des bombes et d'autres formes de violence a quasiment doublé en juillet, même si la violence a fortement diminué de façon plus globale dans le pays ces dernières années.

Le général Qassim al Moussaoui, porte-parole pour les questions de sécurité à Bagdad, a dit qu'une partie du corps du kamikaze avait été retrouvée au centre de recrutement de l'armée et il a imputé l'attentat à al Qaïda.

"Ses traits donnent à penser qu'il n'est pas irakien. Nous menons une enquête mais cette explosion est signée", a-t-il dit.

Avec Aseel Kami et le bureau de Bagdad, Philippe Bas-Rabérin, Guy Kerivel et Nicole Dupont pour le service français