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Ukraine: "Si on ne fait rien, on va assister à un massacre en direct"

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Les forces de sécurité ukrainiennes ont repris une partie de la place de l'Indépendance à Kiev après une nuit d'affrontements avec les manifestants antigouvernementaux qui ont fait au moins 25 morts et plongé l'Ukraine dans le chaos.

Le lever du jour n'a pas calmé les tensions à Kiev. Comme cette nuit, les policiers et les manifestants continuent de s'affronter, dans des échauffourées qui ont fait au moins 25 morts.

La police use de bombes lacrymogènes et tire à balles réelles, tandis que les manifestants antigouvernementaux répliquent avec des pétards et des pavés.

La place Maïdan de Kiev a pris la forme d'un véritable brasier. Les manifestants, parmi lesquels des éléments d'extrême droite très violents, ont trouvé refuge derrière une barricade de pneus et de bois en feu. D’un côté, les policiers tentent de percer ses murs de feu et de l’autre, les manifestants font tout pour leur barrer le passage. 

Mais les opposants lâchent du terrain. Ils subissent les assauts répétés de la police. Au lever du jour, cette dernière contrôlait environ la moitié de "Maïdan" et le président Viktor Ianoukovitch, qui a rencontré dans la nuit les chefs de file de l'opposition, ne semblait pas décidé à relâcher la pression.

USA et UE appellent à la retenue

Comme un symbole, le bastion de l'opposition est en flammes. Pour autant, les manifestants restent mobilisés et n'ont pas l'intention de se soumettre. 

Olivier Vedrine, professeur à l’Universté de Kiev, redoute l'inactivité de la communauté internationale. "Je connais des amis à Maïdan qui se battront jusqu’en bout, dont un d’une soixantaine d’années. Il me racontait qu’il était sur les barricades avec son fils et son petit-fils. « S’il y a un assaut, je serais le premier à me jeter dans les flammes pour protéger ma famille », m'a-t-il dit. Cela résume l'état d'esprit des gens ici. Si on ne fait rien, on va assister à un massacre en direct".

Devant l'ampleur des violences, les Etats-Unis et l'Union européenne ont appelé les autorités à faire preuve de retenue mais Viktor Ianoukovitch a imputé la responsabilité de ces affrontements à certains manifestants qu'il a accusés d'avoir "franchi les limites" en se rendant sur la place de l'Indépendance avec des armes à feu.

La rédaction