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Ukraine: l'UE demande à la Russie de stopper "son agression"

La communauté internationale use des mots de plus en plus durs à l'égard de la Russe sur le dossier de la crise ukrainienne.

La communauté internationale use des mots de plus en plus durs à l'égard de la Russe sur le dossier de la crise ukrainienne. - Oleksandr Ratushniak - AFP

Face à la multiplication des accusations faisant état de la présence de troupes militaires russes dans l'Est ukrainien, les dirigeants de l'Union européenne devraient décider, dès ce samedi, de nouvelles sanctions contre la Russie.

La situation se crispe de plus en plus et de nouvelles voix s'élèvent. Les dirigeants de l'UE devraient décider, ce samedi, de renforcer leurs sanctions contre la Russie, sommée de cesser ses "actions militaires illégales" et de stopper "sa récente agression" en Ukraine qui menacent de créer une situation de "non-retour".

"Nous sommes dans une situation très dramatique", a déclaré le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, à l'issue d'une rencontre avec le président ukrainien Petro Porochenko à Bruxelles. "Nous pourrions nous retrouver dans une situation où nous arriverions à un point de non-retour si l'escalade se poursuit."

Cette rencontre a eu lieu quelques heures avant un sommet européen extraordinaire, alors que se multiplient les informations sur des incursions de troupes régulières de l'armée russe en Ukraine.

De son côté, Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, a appelé la Russie à stopper sa "récente agression" contre l'Ukraine.

"Nous voulons la paix, pas la guerre"

"Nous voulons la paix, pas la guerre", a assuré Petro Porochenko, mais "nous sommes trop près de la frontière où il n'y aurait pas de retour", a-t-il lui aussi souligné, en accusant de nouveau la Russie d'avoir envoyé des troupes et des chars sur le territoire ukrainien.

Interrogé sur d'éventuelles sanctions supplémentaires de l'UE contre la Russie, José-Manuel Barroso a souhaité que les chefs d'Etat et de gouvernement "soient prêts à prendre de nouvelles mesures", précisant que la Commission avait "déjà préparé des options". Vendredi, il avait averti au téléphone le président Vladimir Poutine que toute nouvelle "déstabilisation" de l'Ukraine aurait un "coût élevé" pour la Russie.

Hollande s'exprime aussi

A Paris, où il réunissait les chefs de gouvernement socialistes européens, le président François Hollande a indiqué que les sanctions contre la Russie seraient "sans doute augmentées". "Je peux dire que l'agression russe ne restera pas sans réponse de l'UE", a affirmé de son côté Porochenko, qui doit informer dans l'après-midi les dirigeants européens de la situation sur le terrain dans l'est de l'Ukraine.

Alors que Kiev avait demandé dans la semaine une aide militaire aux Occidentaux, le chef d'Etat ukrainien a parlé samedi d'un "soutien technique", sous forme notamment d'un "échange d'informations".

Le responsable séparatiste Alexeï Mozgovoï a affirmé que les insurgés contrôlaient désormais près de 50% du territoire des régions de Donetsk et Lougansk après les récents succès de leur contre-offensive.

Le "mépris permanent de la Russie"

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté condamné ce qu'il a qualifié de "mépris permanent de la Russie pour ses obligations internationales".

L'Europe de l'Est, traditionnellement plus méfiante des actions de Moscou, a également fait entendre sa voix, le président roumain Traian Basescu appelant l'Otan et l'UE à livrer des armes aux autorités de Kiev, tandis que le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski n'hésitait pas à parler de "guerre".

Jé. M., avec AFP